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Déclic délices
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3 juillet 2014

Sushi story

On nous l’avait tant dit qu’en nous c’était écrit. Depuis des temps maudits, nos oreilles étaient remplies de récits. Peu à peu, nous y avions consenti. Et étions pleinement assujettis à cette infamie. Trahis. En toutes lettres, j’écris ici la vilénie : impossible sont les sushis et les makis ! Abêtis, abrutis, nous avions cru ce charivari. Riz trop cuit, poisson maudit : que nenni ! Tout ceci n’est qu’utopie. Voici aujourd’hui un criant démenti pour une sushis-makis party réussie !             

Nécessaire requis :
- Une natte à sushi (ou à défaut un set de table souple et lavable)

- La batterie de cuisine habituelle
- Et des baguettes bien sûr !

Ingrédients pour 40 pièces :
- 350 g de riz à sushis (désormais au rayon riz de n’importe quel supermarché)
- 4 cuillères à soupe de vinaigre de riz
- 500 g de poisson au choix : saumon, thon rouge, cabillaud, dorade, crevettes, œufs de lumps, surimi (selon vos envies)… La fraîcheur du produit est indispensable !
- Garniture au choix : concombre, avocat, fromage frais, feuilles de menthe, graine de sésame…
- Un paquet de feuilles d’algues Nori
- 2 cuillères à soupe de sucre glace
- 2 cuillères à café de sel
- Pour la dégustation : gingembre vinaigré, wasabi, sauce soja sucrée et/ou salée… 

S Makis ok

Sushis et makis ok 2

La préparation du riz
Il faut d’abord rincer le riz abondement en le plaçant dans une passoire plongée dans un saladier d’eau froide. Remuez-le doucement. Renouvelez l’opération jusqu’à ce que l’amidon ait complètement disparu et que l’eau soit limpide. Puis laissez-le s’égoutter une vingtaine de minutes.

Dans une petite casserole, faites fondre le sucre glace et le sel dans le vinaigre à feu doux.

Dans une casserole plus grande, versez le riz et 40 cl d’eau. Placez un couvercle sur la casserole et portez le mélange à ébullition. Dès ébullition, baissez le feu au minimum (sans soulever le couvercle) et terminez la cuisson pendant un petit quart d’heure. Il ne doit plus rester d’eau au fond de la casserole. Laissez-le enfin reposer 10 min.

Versez le riz dans un grand saladier et ajoutez-y peu à peu le vinaigre tout en soulevant délicatement les grains avec une spatule en bois. Attention à ne pas écraser les grains !

La préparation du poisson
Commencez par retirer la peau puis les arrêtes à la pince à épiler.

Pour les sushis, il convient de couper finement le poisson en rectangle. Coupez toujours le poisson d’un seul mouvement et dans un seul sens, nettement.

Pour les makis, de longues lamelles seront préférables. Evidemment, pour ces derniers, l’utilisation de surimi peut être une solution très pratique.

La préparation des légumes (pour les makis)
Coupez le concombre dans la largueur pour prélever la quantité désirée (point trop n’en faut). Puis coupez-le en quatre dans la longueur et retirez les pépins. Vous pourrez ainsi tailler de petits bâtonnets.

L’avocat se coupe en fines lamelle dans le sens de la longueur. Peu suffit aussi.

Le façonnage
Cette opération paraît périlleuse mais, en réalité, il n’en est rien. Détendez-vous !

Munissez-vous d’un saladier rempli d’eau pour rincer vos doigts au fur et à mesure du façonnage. Trempez-les avant le travail du riz (pour éviter qu’il ne colle aux mains).

- Pour les sushis :
Façonnez une boulette de riz ovale dans le creux d’une main, en appuyant légèrement dessus. Gardez la boulette dans la main et posez un morceau de poisson dessus, appuyez pour faire adhérer le poisson sur le riz.

- Pour les makis :
Posez la feuille d'algue sur la natte et recouvrez-la d'une couche de riz. Laissez un ou deux centimètres non recouverts sur la partie supérieure pour pouvoir ensuite refermer aisément le rouleau.

Placez une bande de poisson, une de légume et/ou de fromage frais dans le sens de la largeur.

Humidifiez la bande laissée libre pour une fermeture plus facile. Enroulez l'algue en utilisant la natte. Reproduisez l’opération jusqu'à épuisement des ingrédients. Avant de servir, découpez les rouleaux en makis de 2 à 3 cm.

De très bons tutoriels sont disponibles sur le web pour parfaire sa technique. Et dans tous les cas, pas de stress, les chutes de poisson serviront à faire des sashimis ou, mélangées avec les restes de légumes, de petites verrines.

J’espère avoir mis vos ennuis au pilori et vous voir ravis. Munis de tapis à maki, vous allez enfin pouvoir concrétiser vos rêves inassouvis. Et pour la ligne, pas de souci. Nul besoin de bistouri pour entrer dans son bikini car les sushis sont pauvres en calories. Maintenant, plus d’alibi, je vous mets au défi, c’est parti pour une success sushi !  C’est inouï, c’est joli, allez-y les amis ! Succès garanti.

Makis et crevettes 3

Sushis et makis 01

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9 octobre 2013

Dvd - Ernest et Célestine*

Adaptation de l'oeuvre de Gabrielle Vincent scénarisée par Daniel Pennac, Ernest et Célestine est un film d’animation destiné aux âmes d’enfants quel que soit leur âge…

ernest-celestine

Une intrépide souricette prénommée Célestine et Ernest, un vieil ours mal luné, bravent les règles de leur camp respectif pour s’unir autour d’un échange de services. Nourrie par une même passion de l’art – Célestine est artiste-peintre, le plantigrade est chanteur, musicien et raconteur d’histoires − l’entraide qui lie ce duo incongru se transforme peu à peu en amitié.

La bande originale jazzy et les images aquarellées confèrent à ce tableau une esthétique surannée. Dans l’univers pastel des dessins animés pour enfants, le dépouillement, la noirceur et l’artisanat de sa plastique hissent Ernest et Célestine au rang d’OVNI.

Outre son originalité formelle, ce film d’animation séduit par la multitude des cordes sur lesquelles il joue : tantôt sensible ou ironique, tendre voire frondeuse. Il sait sonner juste, ne pas verser dans le manichéisme et nous atteindre en plein coeur.

L’amour de l’art transcende les règles établies, ouvre les voies de l’amitié au-delà des différences et porte un message de tolérance. Pas si bête !

ernest-et-celestine

* article à retrouver dans Vivre Mieux n°34

13 novembre 2012

Le bon frometon de nos burons

Ahhhh l’Auvergne ! Ses hommes politiques conquérants et accordéonants ; son symbole glamour aux yeux du monde : le pneu ; son rock des plus volcaniques (Clermont fut nommée ville la plus rock de France en 2009) ; son herbe tendre filmée sous toutes les coutures pour vanter les vertus de l’eau que Zizou s’envoyait avant d’aller boxer ; son train à crémaillère capable de défier tous les reliefs ; ses stations de ski abondamment enneigées de novembre à juin. Mais surtout ses fromages goûtus et variés que le monde entier nous envie. Comme le proclamait la pub, « l’Auvergne est un grand plateau de fromages » et ça personne n’oserait le contredire !

Buron de la fumade vieille  Made in france  Plateau de fromages AOP d'Auvergne

L’Auvergne est la seule région de France à produire cinq fromages d’Appellation d’Origine Protégée : le cantal, le saint-nectaire, la fourme d’Ambert, le bleu d’Auvergne et le salers. Cette appellation permet de protéger, de valoriser et de pérenniser des savoir-faire ancestraux. Le plateau de fromages auvergnat s’enrichit aussi des moins connus mais tout aussi succulents gaperon, laguiole, lavort, fourme de Rochefort, fourme de Montbrison, bleu de Laqueuille, brique du Forez, chambérat, carré d’Aurillac, fouchtra,  pavin, grand murol, murolaitDes Monts du Forez au Sancy, des Monts Dore au massif du Cantal, c’est toute la diversité des terroirs qui s’exprime à travers les arômes et les saveurs de ces mets d’exception. Si certains fromages en plastique provoquent des réactions épidermiques, le goût volcanique des fromages d’Auvergne est des plus extatiques ! Même les ricains ne boudent plus nos fromages qui puent : Mac Do en met régulièrement dans ses sandwichs.

Hormis en hamburgers – pas terrible tout de même –, comment déguster le bon frometon de nos régions ? En plateau bien sûr ! Comme le disait Brillat-Savarin : « un repas sans fromage est une belle à qui il manque un œil » (La Physiologie du goût, 1825). Et dire que certains restos français dits « gastros » ne proposent même pas de fromage dans des menus haut de gamme… N’importe quoi ! Dans ma famille, on se damnerait pour un morceau de cantal entre-deux accompagné d’une confiture de fruits rouges sur une tranche de pain frais. Un repas complet puisqu’il y a le laitage, le fruit et la céréale ! Hummm… Je vous conseille vivement cette tartine. Rien que d’y penser, je m’en pourlèche les babines ! Pour accompagner un beau plateau, on peut picorer des fruits secs et picoler cul sec ! Trêve de chauvinisme, exit les vins d’Auvergne, il y a quand même mieux. Préférez un Margaux, un Bergerac, un Buzet ou un Cahors. Le fromage de nos volcans entre aussi dans la composition des meilleures recettes bougnates : l’aligot, la truffade, la raclette auvergnate, la tarte au gaperon, les croquettes de cantal panées…

Saint-nectaire 2  Saint-nectaires en cave  Saint-nectaire

Native du Puy-de-Dôme, mon fromage préféré est sans conteste le saint-nectaire (saint-nec pour les intimes). Premier fromage d'Auvergne à avoir bénéficié en 1955 d'une AOC, le saint-nectaire gagna ses lettres de noblesse au XVIIe siècle, époque à laquelle il fut introduit à la cour du Roi Soleil par le Maréchal de France Henri de Sennecterre, d’où son petit sobriquet « fromage du roi ». Fabriqué au lait cru, il est produit au cœur du Massif du Sancy et jusque dans le Cantal. C'est une fromage à pâte pressée non cuite et à croûte fleurie. Le velours qui recouvre sa pâte onctueuse est cendré, jaune ou orangé. Sa saveur particulière, dont le bon goût de noisette est caractéristique, lui vient de la qualité et de la variété d’herbes dont les vaches se nourrissent. On le choisit fermier – reconnaissable grâce à son tampon ovale de couleur verte – car il est encore meilleur !

Ce samedi, de retour du pays et le frigo généreusement garni, une forte envie de parfumer l’appart me prit. C’est ainsi que naquit un apéro dînatoire des plus exquis ! Pour contrebalancer notre shoot calorique et nous donner bonne conscience, nous avons d’abord disposé des tomates cerises et des champignons crus dans des ramequins. Côté fromage, nous avons concocté de belles tartines au cantal façon Chantal (mini-pizzas sur baguette). Puis inventé le nec plus ultra des tartelettes dont voici la recette (pour 6 pièces).

 Tartines façon Chantal 2     Le nec plus ultra des tartelettes 2       

Pour la pâte brisée (il est interdit d’utiliser une pâte toute faite tant celle-ci est rapide et simpliste !) :
- 300 g de farine
- 150 g de beurre
- 80 g de lait
- une grosse pincée de sel

Pour la garniture :
- un demi chou-fleur ou un petit brocoli (les fainéants et les pressés utiliseront des légumes surgelés bien pratiques ma foi)
- une petite barquette de lardons fumés
- 300 g de saint-nectaire fermier
- 30 cl de lait
- 2 œufs
- une petite tasse de gruyère
- cumin
- muscade
- sel
- poivre

Commencez par faire cuire les bouquets de chou à l’eau ou à la vapeur selon vos habitudes.

Pour préparer la pâte, placez le beurre coupé en parcelle dans un saladier puis faites-le légèrement ramollir au micro-ondes. Versez la farine sur le beurre puis formez un sable en pétrissant du bout des doigts. Versez le lait, le sel et liez le tout en formant une boule. Sortez ladite boule du saladier sur la table à pâtisser préalablement farinée puis formez six boules à étaler avec votre rouleau à pâtisserie sur six carrés de feuille de cuisson.

Une fois la pâte disposée dans les moules, répartissez équitablement les lardons et le chou égoutté sur la pâte.

Dans un saladier, coupez le saint-nectaire en petits dés puis versez le lait dessus et faites fondre l’ensemble au micro-ondes quelques secondes jusqu’à ce que l’appareil soit lisse et onctueux. Salez, poivrez puis ajoutez les épices. Lorsque le mélange est refroidi, incorporez-y les œufs, battez en omelette puis recouvrez les tartelettes de ce mélange. Terminez en saupoudrant de gruyère.

Faites cuire à 200° entre 20 et 30 minutes selon la puissance de votre four.

Dégustez tiède coupées en quart. Vous allez en faire tout un fromage…

Et pour qui pue du bec, n’oubliez pas les bonbecs !  

Tartelette     Apéro exquis

30 mai 2014

Poudre d’étoiles et points de suspension

Par ici, des volcans tout rond que l’on aime dévaler en courant, des corps d'albâtre qui se débattent souvent sur le gazon, des horizons infinis que l’on contemple en rêvant d’océan. Mais aussi de subtiles adresses que l’on se refile sous le manteau en salivant… Bienvenue dans le Puy-de-Dôme ! Voici trois établissements testés lors de gracieux coups de fourchettes. Suivez-moi pour un road-trip des plus chics, vous allez avoir le déclic !

Le Calliope au 6, rue de la Poste à Pont-du-Château
Nous voilà à Pont-du-Château, une vraie surprise. Je n’y connais aucun restaurant mais sais qu’il y existe de bonnes tables où croiser le fer de ses couverts.

Premier bon point avec le service attentionné de Madame qui sait jouer la proximité sans verser dans la familiarité. Les conseils sont avisés, tant pour le vin que pour les mets, le ton plaisant.

Chapeau bas pour le foie gras, double tranche, tarte fine de tomates, caramel d’orange et pomodori. La consistance du produit – snacké mais onctueux à l’intérieur – et son association avec les notes acidulées de la tomate et de l’agrume en font un souvenir mémorable. Cette entrée a du chien et donne envie d’en savoir plus…

Enthousiasme pour le choix des produits travaillés : Saint-Jacques, crabe, bar… Mon cœur flanche pour un savoureux turbot accompagné d’artichauts en texture, rutabaga, huile de vanille et coulis de cresson suivi de ris de veau au sautoir flanqués d’une purée de cocos, jus de viande et ail de Billom.

Compliments pour l’union du noble et du rustique. Voici de belles réussites.

Ovation pour l’opulence des assiettes. On ne fait pas ici dans la demi-mesure. Même les nourritures d’exception sont servies à profusion : de belles tranches de foie gras, des ris de veau à gogo… La générosité chantée par Brassens prend ici tout son sens.

Quelques détails à revoir toutefois. Sans être kitch, la décoration de la salle est franchement désuète. Un petit rafraîchissement serait le bienvenu. Autre bémol avec les amuses-bouches. Les toasts au foie gras sont ni bons, ni audacieux. Peut-être était-ce une mousse. La crème brûlée au foie gras est, quant à elle, trop sucrée et l’alcool à brûler laisse flotter sur les papilles un goût désagréable. En fin de repas, l’absence de fromage rime avec dommage (bon, d’accord, nous n’avions déjà plus faim à ce moment-là mais symboliquement en Auvergne cette impasse agace). Dernière tristesse avec le dessert, un chocolat grand cru, retour de la coque au spéculoos, arrosée de chocolat brûlant. Vous, grand chef, n’êtes pas pâtissier, nous le savons, mais il est regrettable de terminer un repas avec un plat largement en deçà du reste du repas. Malgré ces broutilles, nous quittons le Calliope avec d’excellents souvenirs et l’envie d’y revenir. Voilà une adresse qui a du peps !

foie gras calliope

Crabe calliope

Bar snacké, crème de safran, coriandre et embeurrée aux olives noires Calliope

Hôtel Radio au 43, avenue Pierre et Marie Curie à Chamalières
Notre itinéraire gourmand se poursuit dans une institution. C’est le cœur battant que l’on franchit le seuil en pensant : « enfin, j’y suis ». On en a tant rêvé… La ronde printanière des anniversaires est l’occasion parfaite pour découvrir enfin cette prestigieuse adresse.

Silence religieux pour le plateau de mises en bouche, une malicieuse interprétation des délices nippons composée, entre autres, d’une tuile de parmesan au poisson cru, de makis revus et corrigés, d’une émulsion de wasabi. C’est fin,  original et prometteur !

Applaudissements pour la présentation très graphique des assiettes : des couleurs chatoyantes, d’astucieuses symétries, de belles géométries. La vaisselle noire et blanche fait écho à la décoration. Ce raffinement est à la hauteur de ce temple art déco mâtiné de notes contemporaines. Les pupilles se régalent autant que les papilles.

Coup de cœur pour le carrelet juste nacré accompagné d'une bisque de langoustines safranée, pois blonds de la Planèze arrosés d'une huile de persil, ail doux autrement. Mummm… Quand les casseroles rossignolent, les palais s’affolent ! J’ai rarement dégusté un plat de poisson d’une telle finesse. L’élégance rustique est ici l’oxymore adéquat.

Un grand bravo pour le plateau de fromage 100% auvergnat. Il est pantagruélique. Imaginez une montagne de fromages tous plus alléchants les uns que les autres. On se croirait dans Charlie et la fromagerie (le nouvel opus de Roald Dalle !).

Enfin, cerise sur le gâteau avec le chariot de mignardises : guimauves, macarons, tuiles, pâtes de fruits, financiers… Quel surprenant ravissement ! Gourmands que nous sommes y plongeons avec régal et repartons avec un ballotin chacun. Cette délicate attention permet de faire durer le plaisir. Merci !

Quelques regrets néanmoins. Le premier de nos déplaisirs réside dans la maigreur de certaines assiettes. De toute beauté certes mais « riquiquis » parfois hélas aussi. Autre faiblesse, le service. Il est ici corseté sans être toujours à la hauteur : sauce versée à côté de l’assiette sans excuse, pas de changement de verre lorsque la situation l’impose, oubli du service du pain, petit rire ironique inconvenant… Dernier tourment avec le dessert, un poil décevant. L’association de la betterave rouge de pays avec la framboise et l'amande était pourtant pleine de promesses mais le charme n’opère pas, la cuisine moderne touche ici ses limites. Ce n’est pas gourmand, nous préférerions une vraie pâtisserie. Malgré tout, le Radio mérite bien son succès. Les plats sont savamment concoctés, la vue souvent charmée. Vivement que nous y retournions !

Amuse-bouches au Radio

Foie gras au Radio

Carrelet au Radio

Le Carrousel au 14, rue du Pont de Morge à Maringues
C’est le célèbre guide rouge qui a guidé nos pas vers cet établissement fraîchement étoilé. La façade ne paye pas de mine mais, qu’à cela ne tienne, Bibendum se trompe rarement !

Point d’exclamation pour la décoration. La salle a visiblement était rénovée il y a peu. Certes, la beauté du lieu n’atteint pas celle du Radio mais les tonalités châtain et beige réchauffent l’atmosphère et la simplicité de la mise est agréable. Ce charme discret se prolonge sur une terrasse à visiter lorsque le soleil est de la partie.

Acclamation pour le goût des plats. Tous, sans exception, sont parfaitement maîtrisés : les cuissons, l’assaisonnement et les sauces. Cette cuisine aux accents méditerranéens allie un juste équilibre des saveurs, une présentation soignée et des portions correctes.

Extase gustative avec la raviole de champignons des bois, queues de langoustines justes raidies, brunoise de légumes glacés en vinaigrette au parfum de truffe. Une entrée printanière subtile et délicate. Quel talent !

Coup de chapeau pour les desserts. Il existe dans le département au moins un restaurant qui maîtrise l’art des fins de repas réussies. Et ce n’est pas une mais quatre douceurs qui sont servies sous le nom de « farandole » : une tuile aux fraises et espuma au basilic, un nougat glacé au miel et fruits secs, un sablé citron-framboise et meringue au thym puis un fondant au chocolat crème glacée à la banane. Quel bonheur !

Félicitations à la maîtresse des lieux, à la serveuse et au sommelier. Leur gentillesse n’a d’égal que leur professionnalisme. Le service n’est pas guindé, tous sont aux petits soins et très souriants.

Quelques fausses notes hélas. D’abord, le pain accompagnant les mises en bouche – tapenade et gaspacho – semble industriel. Nous espérons avoir rêvé ! De plus, malgré leur qualité d’exécution, ces entrées en matière ne sont-elles pas un peu simplistes pour un restaurant de ce rang ? Quelques vraies fautes de goût également : des plantes en plastique sur la table et de la vaisselle « Maison du monde » dont les étiquettes n’ont pas été retirées. Circonspection. Enfin, le manque de produits nobles dans le menu le plus onéreux est regrettable. Ces quelques points négatifs n’altèrent toutefois pas le beau souvenir de ce dîner. Ces erreurs seront vite corrigées. Dernière la porte du Carrousel se cache assurément une pépite gastronomique !

Ravioles de champignons des bois au Carrousel

Paleron de boeuf de Salers braisé au Carrousel

La farandole de desserts au Carrousel

17 novembre 2013

Triptyque lyonnais

La troisième ville française jouit d’une exceptionnelle situation grâce aux myriades de terroirs qui la cernent : élevages de la Bresse et du Charolais, poissons des lacs savoyards, fruits et légumes de la Drôme ou de l'Ardèche mais aussi vins de Bourgogne, du Beaujolais et de la vallée du Rhône. Elle est le paradis de tous les toqués de cuisine !

Lyon ok
porte lyon ok
rueduboeuf ok

 Pour faire le portrait d’un week-end gourmand au cœur de la capitale de la gastronomie :

1) Peindre d’abord un joli bouchon

Difficile de faire un choix, tant le nombre de cavernes où ripailler est important. Lyon possède en effet l'une des plus grandes concentrations de restaurants par habitant en France. La plupart sont des bouchons, ces restaurants typiques où l'on déguste des spécialités telles que les quenelles, tabliers de sapeur ou cervelles de canut.

Nos hôtes ont choisi de nous faire découvrir le Bouchon de l’Opéra. Le cadre est enchanteur, il se compose d’un joyeux bric-à-brac de meubles rétros, de vaisselle dépareillée et de souvenirs sans queue ni tête.

Notre immersion en gastronomie lyonnaise a débuté par un communard, fameux kir de vin rouge. Puis Prince® a choisi un sabodet sauce beaujolais alors que je me suis laissée tenter par une gaude aux queues d’écrevisses et à la volaille. Kesako ? La première de ces entrées est un saucisson à cuire, la seconde une soupe de farine de maïs bressane. La ronde des saveurs s’est poursuivie par un gratin d’andouillette au Saint-Marcellin et une assiette de cochonnaille. Notre dîner diététique s’est achevé par une terrine glacée au chocolat et un matefaim aux pralines (crêpe épaisse à la farine de maïs).

Cette expérience nous a charmé par l’excellente facture des plats proposés. Seul le manque de subtilité et de finesse entrave le chemin vers la perfection. 

Le Bouchon de l'Opéra ok
Sabodet sauce beaujolais ok

2) Peindre ensuite le ventre de Lyon

Nos pas en terre lyonnaise nous ont également menés jusqu’à la verrière des Halles de Lyon, un passage obligé pour tous les curieux alléchés. Initialement créées en 1858, elles portent aujourd’hui le nom de Paul Bocuse, le plus célèbre chef lyonnais.

Ce fabuleux marché couvert abrite plus de cinquante commerces et restaurants. Un régal pour pupilles, papilles et truffes en alerte ! Les produits régionaux tiennent bien évidement le haut de l’affiche : charcuteries, grattons, escargots, pralines… Le terme « lèche-vitrine » prend ici tout son sens. Et pour qui succombe, des tables sont disposées dans les recoins. Ainsi l’encas de 10h-11h se transforme-t-il souvent en véritable festin. Pour sûr, les gastronomes n’auront plus faim à l’heure du déjeuner !

Les halles de Lyon ok
Halles de Lyon ok

3) Peindre enfin la maison des délices

Notre visite aux halles a également été l’occasion de croiser la vitrine de la pâtisserie-chocolaterie Délices des sens. Cet établissement tenu par Romaric Boilley possède deux autres adresses à Lyon – l’une au 12 boulevard des Brotteaux, l’autre au 62 cours Vitton – toutes deux dans le 6ème arrondissement. L’originalité de cette enseigne est de faire se côtoyer des bouchées élaborées, des chocolats fins, des macarons, des confiseries avec des douceurs traditionnelles (brioches aux pralines, tartes aux pommes…). Le maître ne snobe pas le terroir, il le sublime.    

Parmi la multitude de couleurs et de charmes déployés, nous avons flanché pour un velouté (brownie, crème vanille et chantilly chocolat lait), un plougastel (pâte sablée, diplomate citron façon pain perdu, coulis de fraise et mousse de pêche blanche), un macaron framboise-litchis et un gâteau marron-meringue. Ces coquets desserts nous ont inondé d’une fiévreuse pâmoison. Je vous les recommande chaudement ! 

delices-des-sens boutique
Delice des sens patisseries ok1
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18 septembre 2013

Histoire à l’eau de rose

Les fables des mamans narrées le soir au coin du lit ont imprimé dans le cœur des petites filles en fleur d’incandescents espoirs. Délicatesse des êtres, nature luxuriante, pureté des intentions. Des années plus tard, les princesses ont pris une claque. Pacotille, leur décor. Fourbes et viles, ceux qui dictent leur quotidien. Vertigineux, les chiffres du chômage. Remballés guimauves et décors pastels, sortilèges et bave de crapaud sont désormais le lot des princesses au cœur gros.

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Pour retrouver la candeur d’antan, les Cendrillons de la chanson n’ont désormais qu’une solution : s’enfermer dans leur maison, laisser leurs soucis sur le paillasson et monter très fort le son de Richard Sanderson. Et pour parfaire la situation, quoi de mieux qu’un bon shoot d’eau de rose ?

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Namoura : gâteau libanais à la rose

Ingrédients (pour 4 personnes) :
2 cuillères à café de bicarbonate de soude
1 citron jaune
80 g d’eau
8 cuillères à café d’eau de rose
2 cuillères à café de levure
360 g de semoule fine
460 g de sucre semoule
2 yaourts natures 

Mélangez le yaourt et les 160 g de sucre. Ajoutez ensuite dans l’ordre :  la semoule, 4 cuillères à café d’eau de rose, la levure et le bicarbonate. Versez la pâte dans un plat recouvert d’un papier sulfurisé. Mettez au four à 210° C pendant 20 minutes.

Versez les 300 g de sucre restants et l’eau dans une casserole. Zestez le citron et pressez-le au dessus de la casserole. Portez à ébullition et faites bouillir 30 secondes.

Coupez le feu, laissez tiédir et ajoutez 4 cuillères à café d’eau de rose.

Lorsque le gâteau est cuit, recouvrez-le de sirop. Il doit littéralement baigner dedans. Retournez-le plusieurs fois tout en le laissant refroidir. Plus il est imbibé, meilleur il y est. Comme une princesse, ce biscuit aime boire de l’eau de rose…

Coupez-le enfin en carrés ou en losanges.

Ce goûter est un efficace baume au cœur. Et rien qu’en y pensant, son souvenir me met l’eau à la bouche ! 

eau_de_rose

27 avril 2013

A l'encre de ma plume tonka

Sur les cahiers de recettes
Sur les pages des magazines
Sur les blogs gourmands
J'écris ton nom

Sur le goûter des enfants
Sur le dessert de Noël
Sur les fringales inavouées
J'écris ton nom

Sur le front des diététiciennes
Sur la mauvaise conscience des bodybuilders
Sur la ligne des coquettes
J'écris ton nom

CHOCOLAT !

chocolat coulant  Fondant chocolat coeur coulant  chocolat varié

Pour réaliser le somptueux fondant cœur coulant aux quatre épices de Prince®, il vous faudra :

6 œufs
110 g de sucre
80 g de poudre d'amandes
45 g de farine
150 g de beurre
150 g de chocolat noir
2 cuillères à café de quatre épices
beurre et farine pour les moules

Commencez par beurrer et fariner 6 moules à muffin.

Dans un saladier, fouettez les œufs avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
Ajoutez la poudre d'amandes et la farine, mélangez énergiquement.

Faites fondre le chocolat avec le beurre au bain-marie. Incorporez le chocolat et le beurre au premier mélange. Ajoutez deux cuillères à café de quatre-épices.

Beurrez les moules, puis farinez. Retournez-les et tapez-les pour enlever l'excèdent de farine. Répartissez-y la préparation.

Faites cuire au four pendant 15 minutes à 200°C (ajustez en fonction de votre four). Démoulez délicatement en vous aidant d’une assiette retournée.

Fondant chocolat extra  Fondant chocolat

Taille-moi les hanches à la hache… J'ai trop mangé de chocolat… Croque-moi la peau, s'il-te-plaît… Croque-moi les os, s'il le faut…

femme chocolat

23 novembre 2012

J'ai un scoop !

Affiche Le Scoop    Equipe pièce le scoop

Eminent reporter de guerre à la retraite, Pierre Merlin-Pontet vit cloîtré dans son appartement bourgeois du VIe arrondissement de Paris. Souhaitant occuper son mari et prouver au public que le pouvoir d’indignation de ce dernier demeure intact, Claire accepte qu’un jeune journaliste vienne l’interviewer dans le cadre d’une émission de télévision intitulée « Les Grands témoins du XXe siècle ». Or, il s’avère que c’est Jean-Claude Dupire, un vieil ennemi de Pierre, qui commande ces entretiens. Quelle motivation réelle guide sa démarche ?

Dans cet imbroglio où tel est pris qui croyait prendre, trois générations et trois styles de journalistes se côtoient. De coups d’éclat en retournements de situation, c’est toute une profession qui se dessine sous les traits de l’arriviste, du jaloux, du glaneur invétéré de scoop, de l’idéaliste… La forme est légère et enlevée, le ton badin, mais sous ses airs de comédie, Scoop pointe du doigt les difficultés d’un métier où la recherche de vérité le dispute souvent à la quête d’exclusivité. Et si la déontologie est brandie en étendard par certains ou piétinée par d’autres, les intérêts personnels entrent inévitablement en jeu.

Les caractères sont brossés avec justesse. Mention spéciale pour Philippe Magnan dont le personnage bourru, railleur et cynique est parfaitement campé. Le décor en triptyque est à la fois élégant et efficace. L’écriture et la mise en scène de Marc Fayet morcellent l’intrigue en courts tableaux qui insufflent un rythme haletant et chevillent le suspense jusqu’au coup de théâtre final. Bref, j’ai un scoop : courez voir Scoop qui se joue en ce moment au théâtre Tristan Bernard à Paris ! Vous passerez une soirée à la fois divertissante et piquante.

Interview de Pierre Merlin-Pontet 2    Interview de Pierre Merlin-Pontet

16 décembre 2012

Esprit frenchy et carreaux vichy

Fort d’une riche histoire et d’attraits touristiques indéniables, Montmartre est abondamment pourvu en gargotes so french. Il faut bien nourrir la masse touristique qui, à l’instar de Gil Pender dans Minuit à Paris, arpente les rues pavées à la recherche des ombres planantes de Picasso, Matisse, Dali, Hemingway ou Francis Scott Fitzgerald ! Ainsi les cartes arborent fièrement le patrimoine gastronomique français. Face à la profusion de ce type de restos, une question se pose et s’impose : comment dissocier les attrape-touristes des auberges authentiques ? Après avoir connu quelques déboires gustatifs à Paris, Prince® et moi avons dernièrement testé deux restaurants traditionnels de la butte. Si la bonne cuisine familiale attire le chaland des quatre coins du monde, quid de la qualité des mets ? Allons-nous ou non aimer ? Le premier visité s’inspire du terroir auvergnat, le second oriente sa carte vers le sud-ouest. Ce blog requiert vraiment un investissement personnel à toutes épreuves…

Devanture le Sagittaire     Devanture le Virage Lepic

Exclusivement pour les besoins de ce billet donc, nous nous sommes dirigés vers le numéro 77 de la rue Lamarck et avons ouvert les portes du Sagittaire. Une jolie salle cosy à dominante rouge et crème nous a accueilli. Ce cadre intimiste aux lumières douces paraissait idéal pour un dîner en tête-à-tête. Nous avons opté pour une formule « tout compris » à 34 euros : un apéritif, une entrée, un plat, une assiette de fromage, un dessert, un café et ½ litre de vin par personne. Au vu des plats proposés, ce menu semblait plutôt bon marché et permettait d’éviter les déboires dont Muriel Robin, loin des Himbas de Namibie, avait jadis été l’illustre victime.  

Un très classique kir royal nous a été proposé en guise d’apéritif. Malgré un manque certain d’originalité, nous l’avons bu avec plaisir, il était plutôt bon, n’en déplaise aux mauvaises langues ! Pour ouvrir ce repas, j’ai choisi une cassolette d’escargots au beurre d’ail. Là non plus, rien de bien étonnant. Prince® s’est véritablement régalé avec un foie gras en terrine. Mais nous aurions également pu opter pour une verdurette de pétoncles, un tartare de saumon, etc. Nos plats, un pavé de bœuf au poivre pour lui, une cuisse de canard confite pour moi, étaient savoureux. La purée, servie en garniture, était maison. Mon confit ni trop gras, ni filandreux, ni exagérément salé. Un vrai délice… Pour finir, Prince® s’est plongé dans une charmante assiette de profiteroles vanille-chocolat tandis que chocophile que je suis a craqué pour un craquant. Je n’ai pas réussi à déterminer s’il était ou non maison, mais il était tout de même très correct. En revanche, la crème anglaise sur laquelle il était disposé ne l’était pas. Dommage… 

Les produits servis au Sagittaire sont globalement de qualité, les cuissons maîtrisées, le service sympathique, sans chichi et efficace. Rien d’inédit n’émoustille les papilles mais la carte ne ment pas, elle ne laisse pas présager autre chose. L’inspiration auvergnate est ici très lointaine mais l’équipe ne mise pas forcément beaucoup sur cette carte-là. Et puis, la présence du fromage est notable. Peut-être que le Sagittaire était initialement un bougnat, ces cafés parisiens tenus par des immigrants du Massif central, à la fois débits de boisson et fournisseurs de charbon. L'apogée des bougnats se situe dans la première moitié du XXe siècle. Hélas ! il n’en reste aujourd’hui quasiment plus. Seuls quelques traces de cet héritage persistent comme la présence d’aligot, de saucisses auvergnates ou de viandes d’Aubrac dans les cartes.

Intérieur Le Sagittaire 2     Intérieur Le Sagittaire

Toujours entièrement dévoués à la cause de ce blog gourmand, Prince® et moi avons dîné dans le minuscule Virage Lepic, situé au numéro 61 de la rue Lepic. Dès le pas de la porte passé, la décoration suscite l’émerveillement : salle pas plus grande qu’une boîte à chaussure (26 couverts), ambiance taverne dans la pure tradition française, petites tables à touche-touche, nappes à carreaux rouges et blancs, murs habillés de photos d’artistes et d’affiches anciennes. Le chaleureux accueil du patron entre précisément en adéquation avec le décor ; le service est convivial sans être collant pour autant.

Le rinquiquin, délicieux vin de pêche qui nous a été servi en apéritif, nous a tout de suite enthousiasmés. N’ayant pas grand faim, nous n’avons pas pris d’entrée et choisi des plats à la carte. La prochaine fois, nous nous laisserons certainement tentés par une assiette d’os à moelle au gros sel, une terrine de lapin ou un gratiné à l’oignon. Les entrées qui dansaient autour de nous avaient l’air très appétissant. Mais les plats ne nous ont pas déçu non plus ! Parmi les rognons persillés, l’andouillette rôtie, le boudin aux pommes, le magret de canard au foie gras, le confit de canard, etc., nous avons tous les deux opté pour un cassoulet. Et nous n’avons pas regretté ce choix ! Goût et générosité étaient au rendez-vous dans la cassole traditionnelle. Seule la saucisse n’était pas au diapason mais ce détail fut laissé de côté tant le reste était parfait. Les desserts, toujours très tradi — fondant au chocolat aux quatre épices pour Prince®, tarte Tatin pour moi —, ont complètement emporté notre adhésion aussi. Il est devenu si rare de se délecter de vrais et copieux desserts au resto… Quel plaisir ! Ici tout est donc fait-maison et le patron en est très fier. Notons enfin que vin qui a arrosé ce repas était d’excellente facture.

Intérieur le Virage Lepic     Os à moelle

En plus d’être d’irréfutables preuves des sacrifices que je dois subir pour alimenter ce blog, ces deux dîners à Montmartre ont donc été d’exquis moments. La vocation première de ces établissements étant d’attirer les touristes, rien d’insolite ne vient surprendre nos palets autochtones. Mais au moins, on ne méprise pas les étrangers, les gavant comme des pigeons et les plumant au passage. Prix raisonnables, qualité de l’assiette et service aimable sont de la partie. Toutefois, il convient de distinguer le Sagittaire du Virage Lepic pour des occasions particulières. Le premier, au décor et à la présentation des plats plus raffinés, est davantage propice aux dîners en amoureux ; le second, plus bruyant, est à conseiller aux grosses tablées de copains. Mais dans tous les cas, la réservation est indispensable. Les Montmartrois ne s’y trompent pas, ils connaissent les bonnes adresses. Car, chers touristes, qui va Place du Terte perd sa place !

26 octobre 2012

Avant, je n’aimais pas le cirque. Mais ça, c’était avant !

Avant, je n’aimais pas le cirque à cause des CE et de la télé. Ce type de spectacles rimait alors avec grand-messe de noël en carton-pâte d’où fusaient des rires d’enfants sur commande ou avec Patrick Sébastien animant des samedis soir malheureux. Avant, je n’aimais pas le cirque à cause de ses codes et conventions sassés et ressassés. Un genre artistique non poétique, sclérosé et dénué d’humanité et d’inventivité. Avant, je n’aimais pas le cirque à cause du dressage des animaux et des hommes. Exhibition sans émotion d’une faune rendue aphone et d’humains changés en chiens dans l'arène d’une foire où le démonstrateur s’appelle ironiquement Loyal. Malgré ces préjugés, une invitation à l’avant-première du spectacle Eclat et une curiosité toujours en alerte ont guidé mes pas au Cirque Bouglione, autrement dit Cirque d’Hiver.

C’est d’abord un lieu surprenant qui nous accueille et cueille notre bonne humeur. Le Prince Louis-Napoléon l’inaugura en 1852. Difficile d’imaginer un tel endroit en plein cœur de Paris pour la provinciale que je suis. Mais au détour d’une rue, le voici qui se dresse, immuable et gracieux, ce grand chapiteau de pierre claire. Décidément, Paris n’a pas fini de nous étonner ! Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et surmontée de hauts-reliefs, de frises et de statues, la façade du Cirque d’Hiver donne envie de pousser la porte.

                         Affiche            Cirque d'hiver

Une fois entré, on est bluffé par l’immensité et la beauté des lieux. Le poids du passé est tout de suite prégnant. Acquis par les Bouglione en 1934, ce cirque a servi de décor à de nombreux spectacles mais aussi à l’émission mythique « La Piste aux étoiles ». L’histoire de cette famille est indissociable de celle des arts circassiens et du fantasme qui stimule le plaisir des spectateurs. Ces Roms pakistanais montreurs d’ours en Italie au XVIIIe siècle n’ont rien de banal et la légende continue de faire mouche sur scène avec la présence de plusieurs représentants de cette illustre lignée. 

Pendant deux heures trente, une spectaculaire machinerie fait rouler ses mécaniques sous nos yeux intrigués. Le personnel est abondant en salle comme en coulisses, les tableaux s’enchaînent avec une facilité déconcertante : cerceau, dressage de fauves, de chevaux, de chiens, jongle, trapèze, acrobatie, pole-dance, tir à l’arbalète et lancer de couteaux, sangles, voltige, magie (par les Bouglione en culottes courtes), danseuses, clowns. Les artistes ne manquent pas de panache et, contre toute attente, on ne s’ennuie pas !

Ce dispositif bien huilé agrémenté de magnifiques jeux de lumière et d’un orchestre de douze musiciens fonctionne parfaitement. Le décor carmin et or est sublimé par différentes ambiances lumineuses au fil des numéros. La partition fait alterner morceaux traditionnels et reprises de tubes contemporains (Véronique Sanson, Michael Jackson, Gotan Projet, etc.). Je me suis même surprise en train de danser ! Le moment est festif et chaleureux.

            Cirque intérieur     fauves

Toutefois, quelques détails altèrent cet enthousiasme.

Monsieur Loyal met souvent l’accent sur la volonté des Bouglione de revisiter le genre. Mais, en vérité, ce cirque a du mal à se réinventer. Les numéros sont attendus et on a l’impression de les avoir déjà vus mille fois sans pourtant être familiers des chapiteaux. Le genre demeure enfermé dans ses codes et, malgré quelques timides tentatives — comme un numéro mariant trapèze et tango ou une démonstration hydrique de claquettes et de jongle —, rien ne nous étonne vraiment.

D’autre part, la seule émotion sollicitée est l’admiration. Ohhh ! c’est beau !!! Ohhh ! c’est impressionnant !!! Ahhh ! il n’a pas tué sa femme avec ses couteaux !!! Dans une société où nous sommes bombardés d’images spectaculaires, comme celles d’un homme sautant en parachute depuis l’espace, peu de choses sont encore susceptibles de pimenter notre quotidien d’adulte. Ce qui fonctionnait il y a 50 ans ne peut avoir le même impact aujourd’hui. Les voies de la poésie, de la suggestion ou de l’illusion me semblent désormais plus pertinentes dans l’enceinte d’un cirque.

Cette quête d’admiration se développe chez les artistes dans une course à la perfection. Et lorsque tout est  impeccable, nous sommes proches du bâillement. Les corps se tordent dans tous les sens, les numéros s’exécutent à merveille, les animaux obéissent aux doigts et à l’œil… Il n’y a pas de place pour le fragile, le timide ou le boiteux. Heureusement, il y a des erreurs et, lorsque les artistes chutent avant de retenter une pirouette, nous vibrons enfin ! Ces acrobates, voltigeurs, jongleurs ne sont donc pas des machines, ouf ! Les clowns, eux aussi, redonnent un peu d’humanité à l’ensemble par leurs vices et leur gaucherie.

Enfin, une question me turlupine : pourquoi les femmes sont-elles si souvent reléguées au rang de potiches à paillettes ? Celle qui se fait tirer dessus à l’arbalète arbore, en lieu et place d’un pantalon, une simple culotte. Une jolie culotte, certes, mais son tireur de mari est quant à lui vêtu d’un pantalon des plus sobres. En outre, les danseuses n’ont pas de numéros à proprement dit. Elles assurent simplement des transitions sexy entre les passages sur scène des autres artistes. Je ne veux pas jouer les chiennes de garde enragées et ne crache pas sur l’idée de faire entrer le cabaret et un peu de sensualité sous le chapiteau, mais moi aussi j’aime bien les hommes en dessous et là… je reste sur ma faim ! 

Malgré ses difficultés à se moderniser, son besoin viscéral de nous épater, sa quête de perfection un peu chiante et ses frêles élans de misogynie, le cirque est tout de même extraordinaire. Le beau spectacle qu’il nous offre, la générosité qui en émane et le fantasme qui se dégage de son histoire nous font passer un excellent moment. Avant, je n’aimais pas le cirque. Mais ça, c’était avant. Je me suis Eclatée et j’y retournerai !

                                                     bouglione

29 octobre 2013

Savez-vous danser la macaronade ?

Sucrés ou salés, aux formes et aux couleurs bigarrées, de tous les atours parés, ils sont toujours adorés. Dans les vitrines, dans les cuisines ou dans vos mains envieuses, n’idolâtrez-vous pas les macarons ? Leur vue à elle seule vous transporte dans un océan de douceur, vos jambes deviennent molles et une petite écume se forme à vos lèvres : vous fondez…

Par chance, Prince® est le roi de la macaronade, cette danse qu'il exécute avec brio de temps en temps devant les fourneaux. L’été est déjà loin et pourtant, grâce à sa partition chorégraphique, vous allez vous laisser emporter dans cette ronde aux rythmes endiablés. Cédez donc aux sirènes de la gourmandise et laissez, laissez chalouper vos hanches et votre corps tout entier ! Magnez spatule et cul de poule, vous allez pondre les plus beaux de gâteaux : des macarons tous ronds et délicieusement BONS !  

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Macarons au chocolat :

Ingrédients pour les coques :
- 100 g de blancs d'œuf (cassés au minimum 24 heures à l'avance et laissés à l'air libre plus d'une heure avant la préparation)
- 100 g de poudre d'amande
- 160 g de sucre glace
- 2 cuillères à soupe de chocolat en poudre non sucré

Ingrédients pour la ganache :
- 150 g de chocolat noir
- 60 g de crème fraîche liquide

Tamisez la poudre d'amande et le sucre glace puis mixez l’ensemble le plus finement possible. Cette opération garantie  l’obtention de coques très lisses. Ajoutez le chocolat en poudre et homogénéisez l'appareil.

Dans un autre saladier, montez les blancs d'œuf à vitesse réduite puis, dès que l'ensemble commence à bien mousser, ajoutez le sucre glace en trois fois. Arrêtez de battre quand les blancs sont très fermes et forment de petits pics lorsqu'on sort le batteur.

L'étape suivante – le macaronage − est certainement la plus technique. Incorporez précautionneusement le mélange poudre d'amande et sucre glace aux blancs d'œuf à l’aide d’une spatule. Quand l'ensemble forme des grandes bandes sur la spatule – ni trop rigides, ni trop molles – cessez le macaronage.

Dressez les maracons sur du film cuisson ou des plaques silicone à l’aide d’une poche à douille.

Laissez « crouter » une heure minimum. Cette étape permet aux macarons de bien lever, de se décoller rapidement et de former leur belle collerette. Le temps de « croutage » est suffisant lorsqu’on pose son doigt sur le macaron sans qu’aucune trace n’y reste.

Pendant le « croutage », préparez la ganache. Pour ce faire, mélangez la crème fraîche avec le chocolat sur feu doux et laissez fondre doucement en remuant de temps en temps.

Enfournez les coques à four chaud et laissez cuire environ 13 à 16 minutes selon la puissance de votre four. La cuisson est bonne lorsque le macaron se « tient » sans être sec pour autant.

Décollez délicatement les coques et garnissez-les avec la ganache. Laissez les macarons reposer une nuit au frigo. Ils ne seront que meilleurs…

Alors qui a dit que danser la macaronade était compliqué ?

 

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16 janvier 2013

Mariage pour tous !

Il est des passions d’été qui nous enivrent le temps d’une saison, fugaces. Il est en revanche une passion des thés qui nous enivre incessamment, tenace. Quelle qu’elle soit, votons pour la passion ! Alors que dans Paris défilent les visages de la contestation, je dis oui au Mariage pour tous !

L’été est encore loin mais le thé, lui, réchauffe le corps, le cœur, et met tout le monde d’accord. Après avoir faites in les toxines lors des fêtes, nous allons donc parler théine… Etes-vous des pro théine ? Le thé vert est une boisson diurétique qui aide l’organisme à se débarrasser des toxines.

Chassons les fausses excuses, c’est pour le plaisir que je me suis offert un colis de thés ces derniers jours. Et thé noir, rouge, bleu, etc., aucun thé n’est discriminé. Oui à la pluralité, oui à la diversité !

   tea time   boîte de thé mariage

Mariage Frères est une maison française fondée en 1854 par les frères Mariage. La ferveur et le raffinement guident les pas de cette maison depuis plusieurs générations. Voici le classement de ma petite sélection :

Montagne d’or :

Je me suis d’abord laissée séduire par la présentation de ce thé noir parfumé : Du haut de la Montagne d'or s'étendent, magnifiques, la ville de Bangkok, ses ruelles et ses temples, le Palais royal et le fleuve. Chaque année en novembre, les fidèles, flambeaux en main, en gravissent les pentes. Ce lieu exceptionnel méritait un mélange mémorable : ici, des thés traditionnels de Chine sont associés à des parfums de fruits des montagnes du Triangle d'or. La tasse est lumineuse et profuse d'un bouquet de saveurs où se révèlent entre autres litchi, mangue mûre, pomme du Bengale égayés par fleur de carthame, rose et souci. Ce mélange de thés parfumés traditionnels de Chine et de fruits des montagnes du Triangle d'or est une vraie réussite, je vous le conseille sans hésiter ! Il est devenu en quelques jours mon préféré.

Earl grey french blue :

Le earl grey est un mélange de thé noir aromatisé à la bergamote. J’ai toujours aimé ce type de thé mais, avec le earl grey french blue, vous allez littéralement fondre de plaisir car la bergamote, aux tonalités fruitées, zestées et légèrement poivrées, est ici agrémentée des notes fleuries du bleuet royal. La tasse ronde et équilibrée, à la saveur ample et persistante, imprime le palais de sa personnalité — en toute majesté. C’est donc naturellement qu’il se classe second de ma sélection.

Véranda :

Il est un thé dont la poésie qui émane de sa présentation digitale fait rêver : Au tintement de l’eau dans les porphyres roux les rosiers de l’Iran mêlent leurs frais murmures : ce mélange colonial évoque ces images de calme quand les parfums embaument les jardins. Adossés à la belle rondeur d'un thé noir, s'y distinguent des fruits exotiques qui rappellent pamplemousse, framboise et orangette confite, et fleurs : bleuet, tournesol, mauve, rose, pour une tasse des plus poétiques.  Idéal pour rêver le monde. Acheter un thé, semble ici « acheter un rêve ». Et, une fois dégusté, ce thé se révèle à la hauteur des mots qui le décrivent !

Saint-Valentin :

Ce thé noir, composé pour la Saint-Valentin, a pour parfums les agrumes, la mauve, le lotus et la rose. Une saveur exquise pour prolonger les jours heureux. Toutefois, je regrette son manque certain de corps. Il ne faut pas hésiter à garnir abondamment le filtre pour que ses arômes se révèlent.

Fleurs d’oranger oolong :

Amoureuse de la fleur d’oranger, je me suis laissée tenter par un thé bleu parfumé. Hélas, après l’avoir testé de plusieurs façons – filtre plus ou moins chargé, différentes températures, etc. – je crois pourvoir dire que ce thé ne me plaît pas.

1-Thé Montagne d'or 2- Thé Earl grey french blue6-Thé Véranda4- Thé Saint Valentin

Même si les prix font parfois tousser, je suis pour le thé Mariage pour tous ! Grâce à une étude scrupuleuse de leur site de vente en ligne, il est possible de trouver des thés aux prix abordables. Dans une ville où l'on peut boire un thé Twinings à 7 euros dans un bar lambda, ne faudrait-il pas légiférer pour que le thé Mariage devienne légion voire religion ?! 

théière   thés mariage frère

7 octobre 2012

Pana cotta vanille-mangue, un charmant talisman

Magicien pâtissier, mon Prince® dissimule ses tours comme pour mieux m’épater. Il aime voir mes yeux briller devant la piste aux étoiles des desserts qu’il dresse et me sert. Mais cette fois-ci, je crois avoir percé le mystère de sa pana cotta vanille-mangue et, en mauvaise joueuse, je vous en révèle les coulisses. A vos baguettes !

 Panacotta magic

Point de poudre de perlimpinpin, de bave de crapaud ou de queue de lézard dans nos grimoires ce soir. Pour réaliser ce dessert magique et rougir sous le feu des applaudissements de vos hôtes en extase, voici la liste des ingrédients (pour 6 convives) :

Pour la pana cotta :
- 50 cl de crème fraîche liquide
- 50 g de sucre
- 1 cuillère à café d’extrait de vanille ou encore mieux… une gousse
- 3 feuilles de gélatine

Pour le coulis de mangue :
- 1 mangue
- l’équivalent de la moitié du poids de la mangue en sucre

Pour commencer, faites chauffer à feu doux la crème, le sucre et la vanille sans cesser de remuer avec une spatule en bois. Incorporez les trois feuilles de gélatine préalablement trempées dans l'eau froide.

Quand le mélange commence à bouillir, arrêtez le feu et laissez refroidir légèrement en mélangeant toujours pour éviter qu'une peau ne se forme à la surface. Versez dans de petits ramequins puis mettez cet envoûtement au frais au moins deux heures.

Pour préparer le colis de mangue, épluchez la mangue puis coupez-la en petits dès. Maintenant débarrassée de son noyaux, pesez-la. La quantité de sucre à ajouter équivaut à la moitié du poids du fruit. Mettez la mangue à cuire à feu doux dans une casserole et saupoudrez-la du sucre préalablement pesé. Cuisez lentement en mélangeant de temps en temps. Une fois l’appareil cuit, mixez-le avec un pied à soupe.

Deux heures se sont maintenant écoulées, versez le coulis refroidi sur la pana cotta puis surmontez l’ouvrage d’une framboise, de copeaux de chocolat ou de motifs sucrés en guise de poudre aux yeux. 

Maintenant libre à vous de faire tourner les tables, mais moi je m’attable. A qui le tour ?! 

Panacotta-1

19 décembre 2012

Jolie découverte à la Maroquinerie

Samedi soir, Prince® et moi avons foulé des chemins de hasard et rempli nos cages à miel de nouveaux sons. Ce qui est merveilleux quand on connaît peu de monde dans une ville, c’est que le temps l’on passait autrefois à se goinfrer de cacahuètes en buvant des potions magiques entre amis, on le met désormais au profit d’aventures singulières. Et assister à un concert sans connaître l’artiste n’est finalement ni vaine, ni banale entreprise. Après mes articles cook and book, voici donc une chronique zique…

J’imagine que le nom de Lisa Portelli ne vous évoque pas grand-chose. Avant de consulter sa bio, je confondais vaguement cette jeune chanteuse-guitariste avec Elisa Tovati. Quelques pages web plus tard, j’apprenais qu’Elsa Portelli avait publié un album intitulé Le Régal en 2011 et qu’elle puisait son inspiration du côté de PJ Harvey, Dominique A, Emilie Simon, Alain Bashung… Il y a pires sources où abreuver son imaginaire, n’est-ce pas ? Les honneurs qui lui ont été faits semblaient également de bon augure : Découverte du Printemps de Bourges en 2006, Chantier des Francofolies 2007, lauréate Paris jeunes talents 2010, nommée à la sélection du prix Constantin 2011 (néanmoins remporté par Selah Sue).

Munis de deux invitations pour découvrir Lisa Portelli, nous nous sommes dirigés vers le très bobo quartier de Belleville et avons poussé les portes de la Maroquinerie. C’est à une entrée en scène tout en discrétion à laquelle nous avons assisté. Lisa Portelli et son guitariste soulignaient du bout des doigts les émotions d’un court-métrage muet intitulé « Prises de vie ». Pendant douze minutes défilaient les tranches de l’existence d’un homme et d’une femme, d’une rencontre, d’un amour qui éclot, d’un ventre qui s’arrondit, d’un enfant qui grandit. Un thématique ordinaire mais un angle intéressant duquel les détails anodins, les espaces et les temps creux ne sont pas gommés. Plaisant…

 la-maroquinerie-entrée      Lisa Portelli à la Maroquinerie      la-maroquinerie-2

Après un bref entracte, Lisa Portelli réapparaît dans un phrasé presque rappé. Sa voix profonde oscille avec aisance entre ténèbres et sommets cristallins. Ce timbre opalescent est charmant mais pas assez usité à mon sens. De cette amplitude vocale posée sur une musique dépouillée – deux guitares et une batterie – germe une poésie délicate. D’ailleurs les textes sont admirablement ciselés bien que saturés d’images obsolètes. Les métaphores liées au ciel, à l’horizon ou aux vagues sont un rien classiques et leur redondance pourrait à terme friser l’ennui. Mais Lisa Portelli n’est pas seulement grâce aérienne, elle sait aussi se montrer rockeuse voire hargneuse. Le sucre et le miel de ses ritournelles se pimentent de grandes envolées électriques. La rythmique se fait plus entraînante et la guitare tonitruante.

Il va sans dire que Lisa Portelli a bon goût, elle sait s’entourer, et le charme qui émane de ce petit brin de femme tient aussi à cela. Ainsi, Andoni Iturrioz, le parolier avec qui elle a coécrit son album, nous offre une douce parenthèse parlée. Unique regret, cet homme-là se prend légèrement au sérieux et le statisme de son intervention fossilise un peu plus – et il n’en a pas besoin – le genre poétique. Par la suite, Lisa Portelli invite sur scène une chorale de fillettes pour interpréter l’enjouée et nerveuse Animal K. Intervention réussie et largement saluée par le public reprenant en liesse : animal cannibale, animal kamikaze… Enfin, la chanteuse revisite l’un des rares « tubes » du très inspiré chamaliérois Jean-Louis Murat : Mon amour est-il dans son quartier de lune ? Mon amour veut-il faire un tour dans l'au-delà ? Mon amour a-t-il mis ses habits de fête ? Mon amour veut-il faire un tour dans l'au-delà ? Belle prestation nouant complicité voire symbiose avec le public.

 Lisa Portelli sur la scène de la maroquinerie   Lisa Portelli avec chorale de jeunes filles   Lisa Portelli sur scène

Le succès de cette soirée tient aussi au caractère bien trempé de Lisa Portelli. Cette jeune artiste au jeu de guitare tranchant sait se montrer tantôt sauvage, tantôt enjouée ou espiègle. On pressent chez elle une réserve corsetant une vraie fougue. Une certaine sensualité émane aussi de ce petit bout de femme dont les rugissements contenus affleurent le jeu de scène. Hélas, cette demi-timidité provoque des interventions parlées maladroites et un tantinet vulgaires loin de l’image qu’on se fait d’elle. Manque évident de confiance en soi. Crois en toi Lisa car le public, lui, te suivra ! Cette soirée improvisée était pleine de promesses…

A vous de juger :

19 février 2014

Allo Brac ? Ici Ali Got !

Par ce jeu de mot vaguement téléphoné, j’ai le plaisir d’introduire un article en l’honneur de ces duchesses, ces dauphines, ces noisettes que l’on aurait tord de réserver aux soirs de disette et aux fins de mois raplaplas. Profitons donc du gris du ciel pour mettre sur le devant de l’assiette une spécialité que tout le gratin s’arrache.

patates à la plage

En Aubrac, ce pays à cheval sur les départements de la Lozère, de l'Aveyron et du Cantal, on ne se défile pas devant une belle purée locale : pommes de terre + tome fraîche. Biberonnée à l’aligot dès mon berceau, c’est toujours avec un plaisir non feint et sans véritable faim que j’accueille une gamelle de « purée chewing-gum ».

Synonyme de repas chaleureux et conviviaux, tous les gourmands se délectent de la douceur et de l’onctuosité de ce plat typique. Flanqué d’une tranche de jambon de pays, de saucisses, tripoux ou viande rouge, l’aligot fait toujours l’unanimité et donne illico la patate. Il déride les sceptiques, les rabougris et les râleurs de tout poil. Et de repasse nul ne se passe…

tome fraiche

En formant un long ruban doré lorsque le cuisinier monte sa spatule au ciel, cette purée filante assure le spectacle et fait briller les yeux des enfants. Attention, si cette scène insolite fait mouche, ne vous laissez toutefois pas entourlouper par les attrape-nigauds qui pullulent sur les marchés locaux. On shoote les naïfs et les touristes avec de la poudre additionnée d’eau.

Pourtant, cet art subtil est facilement réalisable à la maison. Il suffit d’une bonne recette. Voici celle que j’aurai dû vous délivrer depuis belle lurette. Allez go !  

aligot et saucisse

gamelle d'aligot

- 300 g de vieilles pommes de terre
- 120 g de tome fraîche
- 60 g de crème fraîche
- 1 gousse d'ail
- Sel et poivre

Epluchez les pommes de terre et la gousse d’ail puis faites-les cuire à la vapeur.

Pendant ce temps, coupez la tome en morceaux.

Une fois cuites, moulinez les pommes de terre et la gousse d’ail au moulin à légumes.

Ajoutez la crème fraîche pour faire une purée. Une fois celle-ci bien chaude, ajoutez la tome petit à petit en remuant vigoureusement à l’aide d’une cuillère en bois.

Toujours sur le feu, soulevez plusieurs fois l'aligot avec la cuillère. Il doit former ce fameux ruban que l’on surnomme « ruban de l’amitié ». Attention à la température : trop chaud, il devient liquide ; trop froid, il ne file pas.

Salez et poivrez.

N’attendez pas pour déguster !

Aligot

Les patates se révoltent

1 septembre 2013

Strasbourg toujours…

Auteur génial des Trois brigands, un classique de la littérature jeunesse, je connaissais surtout Tomi Ungerer pour son Nobel de littérature enfantine (le prix Andersen) reçu en 1998. Mais notre périple strasbourgeois et, plus précisément la visite du musée qui lui est consacré, m’ont permis de découvrir le polymorphisme du talent de cet artiste.

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Né en 1931 à Strasbourg, Tomi Ungerer a grandi près de Colmar à l’heure de l’Occupation nazie. Il entame d’abord une carrière de dessinateur publicitaire. Puis il écrit et illustre des albums pour enfants et collabore à plusieurs magazines. Ses nombreux voyages sont l’occasion de se frotter au monde : Laponie, New York, Nouvelle Ecosse, Irlande…

Ainsi l’artiste s’insurge-t-il contre la ségrégation, la guerre du Vietnam, les menaces qui pèsent sur l’environnement, etc., et prône la sensibilisation des enfants aux horreurs de la guerre, la réconciliation franco-germanique… Un tantinet bien pensante mais complètement déjantée dans la forme, son œuvre est à la fois désopilante, corrosive et libre.

Tomi Ungerer n’endort pas les enfants, il façonne pour eux et leur parents des rêves plus grands. « Soyez bêtes, soyez méchants, analphabètes et dégoûtants. » Le monde à travers le prisme d’Ungerer : décapant !

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23 juin 2014

La maîtresse en maillot de bain

Trois instit’ se mettent à nue. Point de prétentions littéraires ici mais l’envie partagée de dépeindre le quotidien de l’école depuis l’intérieur. Désir d’écrire pour décrire mais aussi, on le découvre peu à peu en filigrane, pour narrer heurs et malheurs d’une fonction souvent décriée. Parce que tous avons été élèves, tous pensons connaître le métier de maître. Ainsi peu de sujets mobilisent autant de points de vue que l’éducation. Repas dominicaux et médias à gogo se chargent d’alimenter chicanes et bavardages. Au fil des mois, trois enseignants se livrent ici pour tordre (peut-être) le cou aux idées reçues…

Le Bonheur à l’école de Dominique Deconinck nous conduit jusqu’au jardin secret de la classe, univers peuplé de figures ingénues que seul l’inspecteur déflore une fois tous les trois ans. Cette instit’, comme elle aime à se nommer, nous fait partager une année de CE1 en relatant les difficultés de certains élèves, la saveur de leur réflexion, la découverte du globe, de Claude Monet… Les enfants grandissent, la maîtresse aussi – même après des années d’enseignement. La curiosité des uns, les obstacles sur le chemin des autres sont autant de leçons pour cette enseignante étrangères aux certitudes et aux réponses prêtes à l’emploi. Fidèle chroniqueuse du quotidien, Dominique Deconinck nous communique à la fois la joie d’enseigner et la magie de l’enfance, un kaléidoscope à travers lequel le monde est une fantaisie.

Le Bonheur à l'école

Avec son Journal de bord d’un directeur d’école, Patrice Romain a quant à lui bien du mal à redorer le blason de notre nationale éducation. L’ambition annoncée de raconter « l’envers du décor » se mue en un inventaire de situations plus grotesques les unes que les autres. Se succèdent le récit de ses coups de cœur pour de jolies mamans, les coucheries entre accompagnateurs de sorties scolaires ou les adultères démasqués de parents d’élèves. Les anecdotes sont croustillantes mais bien trop nombreuses pour paraître authentiques. Nous n’apprenons finalement rien sur les apprentissages ou les fonctions de directeur d’école. Sous l’habit du maître se cache un homme en slip, c’est rassurant, mais lorsque l’envie d’une lecture érotique nous pique, c’est d’un autre corps de métier que l’on choisit le journal de bord… 

Journal de bord d'un directeur d'école

La perle de cette trilogie est sans conteste A trois carreaux de la marge de Laurence Squarcioni. Aujourd’hui maîtresse d’une classe de CP, l’auteur a jadis œuvré dans l’édition et cela se sent : elle a le verbe souple. Ici les enfants sont les véritables héros du journal. Karl, l’hyperactif, Maïko, l’élève modèle, Damon, le gentil grossier, ou encore Sylvie pour qui l’apprentissage de la lecture relève de l’insurmontable épreuve… Sans verser dans le cliché, Laurence Squarcioni sait cerner la personnalité de ses chères têtes blondes, questionner son métier, les pratiques scolaires, ses méthodes… Elle conte aussi moult détails qui font le sel de la profession dont les relations avec les collègues ou les parents, l’affection débordante des élèves, leur impatience ou le pétillant de leur rapport au monde. En résulte une sucrerie drôle, tendre et réaliste à découvrir de toute urgence !

A trois carreaux de la marge

Dominique Deconinck, Le Bonheur à l'école. Journal d'une instit. Paris, L'Iconoclaste, 2013.
Patrice Romain, Journal de bord d’un directeur d’école. Paris, François Bourin éditeur, 2011.
Laurence Squarcioni, A trois carreaux de la marge. Paris, Calmann-Lévy, 2009.

23 mai 2014

Coquettes gariguettes

Voici venus les jours heureux : soleil radieux, ciel lumineux. D’ici peu, l’école buissonnière ouvrira ses portes et fleurira dans l’air comme une invitation à la paresse. Avant cette messe basse pleine d’allégresse, quelques hardiesses prennent place. On troque le noir de nos armoires contre des vestes claires, tops à bretelles, jupes à fleurettes. Les frigidaires aussi prennent l’air. On les remplit au grés de nos envies du fruit de nos cueillettes. La vie est belle dans les dressings et les cuisines ! Pour parfaire cette toile, s’installent dans nos assiettes de jolies tartelettes. Couleur carmin, saveur câlin, penchons-nous aujourd’hui sur la facétieuse, et non moins délicieuse, tarte aux fraises.    

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fraise_gariguette ok

Ingrédients pour une tarte (et une tartelette) :
500 g de fraises

La pâte :
- 250 g de farine
- 125 g de beurre
- 70 g de sucre
- 2 jaunes d'œufs
- un peu d'eau

La crème pâtissière :
- 25 cl de lait
- 1 œuf
- 30 g de farine
- 40 g de sucre
- ½ gousse de vanille

Commencez par préparer la pâte :
Au robot, blanchissez les jaunes et le sucre avec un peu d'eau. Puis, ajoutez la farine et le beurre coupé en parcelles.

Sortez la boule du robot et fraisez-la une ou deux fois pour plus d’homogénéité.

Etalez-la puis installez-la dans un plat à tarte préalablement garni de papier sulfurisé.

Recouvrez-la ensuite de papier sulfurisé et de haricots secs (ou de tout autre légumineuse, billes de cuisson…).

Faites-la cuire à blanc pendant 25 min à 180°C (à voir en fonction de votre four mais, attention à ne pas trop la faire cuire, sous peine de la rendre friable).

Pendant, la cuisson, préparez la crème pâtissière :
Mettez le lait à bouillir avec la demi-gousse de vanille fendue en deux.

Dans un saladier, blanchissez l'œuf avec le sucre puis ajoutez la farine.

Versez le lait bouillant sur le mélange en tournant à l’aide d’une cuillère puis remettez l’appareil dans la casserole sur le feu. Laissez-le cuire doucement sans cesser de mélanger. Retirez-le enfin lorsque la consistance est suffisamment crémeuse.  

Terminez par le dressage :
Préparez les fraises en les lavant, les égouttant et les coupant en deux.

Lorsque la pâte est cuite, versez la crème sur le fond et disposez les fraises avec soin. 

Tarte aux fraises 2

Tarte aux fraises

Alors, à l’aise la tarte aux fraises, non ?

13 mars 2014

Toto 30 ans

toto

Sous ce titre à la Souchon se cache la tête à Toto. Toto a 30 ans tout pile en 2014. Son itinéraire est une accumulation de zéros jusqu’à l’obtention d’un poste de bibliothécaire et d’un salaire étrangement calqué sur sa date de naissance. Cette œuvre réaliste narre par l’exemple les tribulations d’une génération qui a grandi pendant la guerre du Golfe et a accédé au monde du travail au début de la crise (j’ai moi-même commencé à chercher du travail en novembre 2007 alors que la crise des subprimes éclatait outre-Atlantique).

Samuel Lévêque fut d’abord plutôt gâté par la vie. Il s’épanouit dans une famille qu’il qualifie de la classe « moyenne » mais qui de mon point de vue s’apparente plutôt à la classe moyenne + : ses parents sont profs. Ainsi doté d’un solide capital culturel, il décroche un diplôme « dans des domaines où les besoins sont avérés et le nombre d’étudiants formés en rapport avec le nombre d’offres d’emploi, pas un vague DEUG abstrait en sociologie des pygmées ».

Samuel Lévèque

Ce précieux sésame lui permet d’abord d’entrer dans l’antre de Cultura, une enseigne dont la politique RH est à la hauteur de la politique culturelle. Puis, Samuel Lévêque fait ses armes chez ONG conseil, plateforme qui fournit de jeunes et dynamiques porte-voix toujours prêts à haranguer le chaland au beau milieu de la rue. Ces emplois riment avec précarité, pauvreté et flirtent dangereusement avec l'exclusion sociale.

Malgré la noirceur du tableau, nous ne sommes pas acculés par les méandres qui jalonnent le parcours du narrateur. Le gaillard a depuis pris de la hauteur. Il s’en est « sorti ». Ainsi le discours est vif, piquant, ironique et parfois drôle. C’est pas parce qu’on est dans la ***** qu’il faut faire la gueule ! Ainsi ni plainte, ni pathos. Peut-être fut-il à l’époque déçu, voire dégouté ou haineux envers cet assommant système. Ces sentiments ne transparaissent toutefois pas. Cette ellipse rend le récit digeste et même très plaisant.

De la pointe de sa plume décapante, Samuel Lévêque dresse le portrait d’une génération qui, si elle n’a pas bénéficié d’une veine magistrale et/ou sacrifié ses rêves en choisissant un parcours dicté par le climat social, en a bavé ou en bave encore. Malgré nos diplômes, notre persévérance et nos multiples talents, nous sommes maintes fois passés près de l’exclusion. Le fil de la chance n’a jamais été aussi mince. Devant ou derrière, c’est selon. Une belle école de la modestie. Gageons que nous n’oublierons jamais cette difficile naissance au monde du travail et ne traiterons pas à notre tour dans 20, 30 ou 40 ans les jeunes de « petits cons ».

2 février 2013

Déclic Dalí !

Du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013, le Centre Pompidou rend hommage à Salvador Dalí, l'une des figures marquantes de l'art du XXe siècle. 

DITHYRAMBIQUE était la critique. Nous avons donc eu envie de prendre nous même la mesure du talent du maître et des scénographes qui le mettent en scène à travers une rétrospective inédite.

Expo Dali à Beauboug       Expo Dali

DENSE. Près de 230 œuvres sont ici présentées : peintures, dessins, sculptures... Parmi les peintures, plus ou moins connues, on retrouve les chefs-d’œuvre provenant du musée d’art moderne et contemporain de Madrid, le Reina Sofia, du musée Dalí de Floride mais aussi le tableau emblématique que tout bon livre d’histoire reproduit, Les Montres molles, tout droit débarqué du MOMA de New-York. Quel artiste prolifique !

DEDALE avec un D comme dommage. On rentre d’abord dans une sphère blanche, comme dans un œuf. Puis, l’on se perd un peu dans la chronologie et les thèmes abordés. On revient hélas trop souvent sur ses pas, par peur d’avoir manqué quelque chose, et l’on regrette globalement le manque de logique de la traversée.

DECALE, DELIRANT, DEJANTE, l’univers présenté. Outre son travail sur les arts plastiques, Dalí a réalisé de nombreux films, documents sonores, projets de pièces de théâtre, installations, shows télévisés, etc. Il prend souvent la pose, se met en scène et joue les stars décomplexées. Ces supports sont autant de preuves de l’extraordinaire inventivité du maître, de sa folie créatrice et de son extravagance.

Dali- La Madonne de Raphaël  dali-le-spectre-du-sexappeal-1934 

DEBAUCHE, DEBRIDE Dalí l’était. Cette exposition nous permet de toucher du doigt les thèmes fondateurs de son œuvre : le temps, la mémoire, la religion, la vie, la mort et surtout la sexualité. Car Dalí était un grand obsédé sexuel ! Personne ne reste froid face à tant de significations mêlées, de provocation, d’excentricité et d’outrance. L’art devient un vrai sujet de polémique.

DÉLICATE cette façon de cueillir notre curiosité d’un tableau à l’autre. Tantôt dégoûté, fasciné, intrigué voire choqué, Dalí suscite inexorablement une réaction. Ses blasphèmes, les bêtes mortes qu’il peint, la nudité crue qu’il montre nous heurtent. Controversée et populaire à la fois, la grandeur de son œuvre émerge sûrement de cet étonnant paradoxe.

D’OR ET D’ARGENT couvert Dalí a fini. Souvent dénoncé pour son cabotinage, son goût du luxe et son rapport aux médias, Dalí adorait la publicité. Si le chocolat Lanvin lui doit une fière chandelle, il en doit également une au chocolat Lanvin. Car ces réclames qui ont traversé le temps, ont autant fait la promotion du produit que celle de monsieur Dalí. Néanmoins, ce type de démarches commerciales a, pour certains, longtemps fait de l’artiste un imposteur.

Face au succès rencontré par cette exposition (6 000 visiteurs par jour), 24 ans après sa mort, on peut se demander si Dalí n’est définitivement pas entré dans le cœur des français. En tout cas, Plume Tonka a passé un délicieux moment avec vous Monsieur Dalí ! On peut même dire qu’elle a eu le DECLIC DALI!

Salvator Dali

6 mai 2013

Voyage de noces en terre indienne I

Un réveil aux aurores, quelques kilomètres dans les chaussettes, un soutien indéfectible, une retouche de maquillage, un laçage de corset, des "tu es superbe, on dirait Natalie Portman", des ballons, un discours… Pas facile d’être témoin !

Et pourtant, cette fois-ci, j’ai également pris en main le voyage de noces. Une lune de miel sans marié, entre copines, en forme d’enterrement de vie de jeune fille. Au programme de cette journée : une marathon cosmopolite avec escale sur chaque continent. Un tour du monde le temps d’un tour de cadran. Détonnant !

 valise       Tour-du-monde

Comme cette expérience touchait chaque sens, en un sens, il me paraissait sensé de partager cette expérience unique des sens (à sens unique ?). Bref, voici une petite chronique gastronomique de la première étape de notre périple : un cours de cuisine indienne. Ou comment débuter une journée melting pot par une séance de popote entre potes.

Cours bollywood kitchen      Cuisine Sanjee

Sanjee, jolie prof de cuisine indienne, nous a accueillies dans un ravissant appartement du 4e arrondissement. Avenante, cultivée, pétillante, elle a su rendre ce moment particulièrement dépaysant. Voici son blog : http://www.bollywoodkitchen.com/. Au menu de cette virée épicée : palak paneer (curry d’épinards) avec fabrication de fromage frais indien (paneer) puis chapatis au cumin (galettes à la farine complète) et enfin halwa aux amandes en guise de dessert. Tout est très simple et facile à refaire chez soi, ne soyez pas effrayés par ces noms étranges…

Cours      Sanjee

PALAK PANEER – Curry d'épinards et fromage frais indien

Recette du Paneer :

Le paneer est un fromage traditionnel indien dont la texture ressemble à celle du tofu et le goût est proche de la mozzarella. Il est très souvent utilisé comme source de protéine dans les plats végétariens. On le trouve aussi dans les plats chauds, les salades, les pizza, les brochettes...

Très simple à réaliser, voici la recette de Sanjee :

Ingrédients :
1 litre de lait entier
3 cuillères à soupe de vinaigre blanc
+ 1 mousseline de coton (ou un torchon assez fin)

Préparation :
Faites bouillir votre lait et surveillez-le. Une fois bouilli, ajoutez le vinaigre, éteignez le feu et laissez le lait cailler 10 min.

Au dessus de l’évier, passez le fromage frais dans un linge (mousseline ou torchon).

Gardez l’eau (pour pouvoir conserver le fromage ensuite) et serrez le linge pour égoutter le fromage au maximum.

Laissez le paneer dans le torchon en lui donnant la forme d’un gros galet et poser un poids dessus. Laissez reposer dans le torchon, sous le poids, pendant 30 min.

Sortez-le enfin du torchon et placez-le au frais dans un film alimentaire pendant encore 30 min.

Découpez-le en morceaux d’environ 2 cm.

Il se conserve au frais une semaine dans l’eau préalablement réservée. Vous pouvez aussi le congeler.

     Paneer       Palak panner

Recette du Palak (curry d’épinards crémeux) :

Ingrédients :
600 g de jeunes pouces d’épinards
1 oignon jaune
2 gousses d’ail
1 petit morceau de gingembre frais
3 tomates bien mures ou une boîte de tomates pelées en fonction de la saison
1 petit piment vert ou 1 pincée de piment fort en poudre
Epices : 2 cc de garam massala, 1/2 cc de curcuma, 1cc de cumin en poudre, 1 cc de coriandre en poudre
1 yaourt nature brassé
Sel, poivre, huile

Préparation :
Faites dorer 10 min les oignons émincées dans un peu d’huile végétale, ajouter l’ail pressé, le gingembre râpé ainsi que toutes les épices et 10 cl d’eau.

Mélangez bien et, une fois l’eau évaporée, ajoutez les tomates hachées.

Laissez cuire à feu doux à découvert environ 15 min.

Ajoutez à cette compotée, les pousses d’épinards crus, laissez « tomber » les épinards pendant 10 min puis mijoter environ 10 min.

Pendant ce temps, faites dorer les cubes de paneer sur chaque face, dans une poêle avec une noix de beurre (ou de ghee).

Parsemez le palak des cubes de paneer et servez immédiatement votre palak paneer !

palak paneer       repas

Je vous conseille vivement d’essayer de cuisiner ce plat végétarien car faire son fromage soi-même est une expérience épatante et cette recette demeure une façon inédite de déguster des épinards ! Promis, la prochaine fois, je vous révèle les secrets des chapatis au cumin, avec lesquels le palak paneer se déguste, et les coulisses des halwas, un dessert traditionnel indien.

12 octobre 2012

Epiçons et poivrons l'automne !

Des formes généreuses, des couleurs chatoyantes, une peau lisse et brillante toujours au top… la star de l’été est sans conteste le poivron ! Figure incontournable de la cuisine méditerranéenne, ce légume se déguste aussi bien cuit que cru et agrémente à merveille les fameux poulets basquaises, paëllas, chilis con carne et autres gaspachos.  

                                 

             poivron vert        3 poivrons     poivron vert bis

A titre personnel, son nom évoque le souvenir des verrines de ma copine Céline dans lesquelles elle le marie merveilleusement à la sardine, ou encore celui d’un déjeuner dans un bar à tapas de la Boqueria, l’emblématique marché de Barcelone, où nous l’avions savouré juste grillé à la plancha. Il y a de la chaleur et des accents latinos dans son sillage et, en ce début d’automne, il permet de prolonger l’été encore un peu. Nos papilles jubilent et à nouveau le soleil brille.

Si vous voulez vous aussi chasser les nuages de votre assiette, voici une recette totalement inédite, puisque tout droit sortie de mon ciboulot, Les Poivrons farcis façon Bibi 

Poivrons farcis

 Ingrédients :
- Quatre petits poivrons de toutes les couleurs
- 250 g de chair à saucisse (ou un reste de viande si vous en avez)
- Un petit poireau
- Une carotte
- Une briquette de sauce tomate nature
- Le quart d’une baguette de pain
- Un verre de lait
- Une échalote
- Une gousse d’ail
- Persil
- Paprika, piment doux
- Sel, poivre

Faites cuire la carotte débitée en rondelles dans un peu d’eau au micro-onde pendant une quinzaine de minutes.
Pendant ce temps-là, mettez le pain à tremper avec le lait.
Parallèlement, faites revenir à la poêle le poireau et l’échalote avec une goutte d’huile d’olive. Attention, l’ensemble peu vite noircir.
Vous aurez sûrement le temps de laver, de couper et de vider les poivrons.

Mélangez ensuite la viande, les poireaux, l’échalote, la carotte, la sauce tomate, le pain au lait, l’ail et le persil. Epicez et assaisonnez à votre convenance.

Remplissez les poivrons avec cette farce en intervertissant les chapeaux (fini l'harmonie, c'est plus joli ainsi !).
Passez au four à 190°C pendant 1 h – 1 h 30.
 
Dégustez accompagnés de quelques feuilles de salade et/ou de pâtes à la sauce tomate.

Bon appétit et gare aux coups de soleil !

28 février 2013

Couscous party !

Le couscous se caractérise par l’équilibre délicat des viandes, des légumes et de la semoule qui le composent. Ce plat complet, qui figure parmi les plats préférés des Français, est un véritable emblème de générosité. Ses graines couleur soleil symbolisent l'hospitalité des pays dont il provient. Et ce soir, c’est une double ration qui nous a sustenté !

Nous avons d’abord dégusté une part de Couscous aux lardons servie au théâtre Montorgueil niché en plein cœur du Sentier. L’intrigue, menée à un rythme d’enfer, se noue autour du thème de la mixité. Marie-Sophie et Rachid s’aiment et décident de se marier. Les deux cultures, le quotidien, les rapports familiaux – et plus particulièrement les relations avec les belles-mères détentrices des traditions séculaires – sont prétextes à rire.

Marie-Sophie plante un géranium dans le couscoussier offert par belle-maman, Rachid veut sabrer le champagne en direction de La Mecque, Marie-Sophie rêve d’un mariage gastronomique quand Rachid voudrait faire servir un couscous à toute l’assemblée… Une succession de gags et de quiproquos à la sauce piquante, saupoudrés de la dérision et du talent des deux comédiens, rendent ce couscous succulent.

Affiche couscous aux lardons     Couscous aux lardons

Après ce divertissement qui a régalé nos zygomatiques, rien de tel qu’un couscous sans lardon pour satisfaire nos papilles. Direction fissa le Café Zerda à quelques pas de là (au 15, rue René Boulanger dans le 10e ). Le décor traditionnel est plutôt réussi ; subsistent quelques détails kitchs qui rendent le lieu authentique, loin des décors aseptisés à la mode. La carte propose un large choix de tajines, de couscous et une jolie sélection de vins.

Suite à moult hésitations, j’ai opté pour un couscous Zerda (boulette, brochette, merguez, agneau), Prince® a choisi un couscous royal et nos amis un tajine de poulet au citron. Verdict : les portions sont généreuses, la semoule aérienne, les légumes parfumés, les raisins divins et les viandes, grillées et tendres, tout bonnement à tomber à la renverse… Bref, il s’agit du meilleur couscous que je n’ai jamais goûté. Même les couscous dégustés au Maghreb se placent loin derrière celui-ci ! 

Café Zerba intérieur     Couscous zerda

Malgré une addition un chouïa élevée, ce petit programme « spécial couscous » a donc été une vraie nouba pour l’applaudimètre et le papillomètre. Deux couscous une nuit à Paris, voici un pari réussi !

9 décembre 2012

A la soupe !

La veinarde que je suis vient de terminer deux best-soupières : La Liste de mes envies de Grégoire Delacourt, l’un des gros succès de l’année qui s’achève et Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, un roman de Barbara Constantine qui s’est hissé dans le top 5 des ventes en 2010. Loin de moi l’idée de cracher dans la soupe ou de jouer les pimbêches bobos du XVIIIe, j’aime les romans populaires. Gare à l’expression « romans de gare », tous les best-sellers ne sont pas mauvais. Ils méritent même parfois d’être traités avec égard tant ils savent nous embarquer dans de gracieux voyages. J’avais trouvé brillant L’Elégance du hérisson de Muriel Barbery en 2006. Je m’étais laissée emporter avec délectation par Les Déferlantes de Claudie Gallay en 2008. Du reste, Les Misérables ou Germinal ne sont-ils pas des romans populaires ? J’ai donc ouvert La Liste de mes envies et Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom sans arrière-pensées.

La Liste de mes enviesTom petit Tom tout petit homme Tom

La Liste de mes envies narre les péripéties de Jocelyne, dite Jo, mercière à Arras. Cette femme d’âge mûr pose un regard tendre sur son existence. Elle se rêvait styliste mais a réussi à acheter un petit commerce, dont elle est finalement pas peu fière, et écrit un blog de dentellière à succès. Elle attendait le prince charmant mais c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté et, malgré les épreuves, leur couple a trouvé une certaine stabilité. Ils ont eu deux enfants, en ont perdu un, mais le temps, l’amour et la patiente ont effacé les blessures. Jusqu’au jour où Jocelyne, qui ne jouait pourtant jamais au loto, se laisse convaincre par ses copines et gagne 18 millions d’euros. Débute alors l’écriture puis la réécriture de la liste de ses envies.

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom est l’histoire de Tom, garçonnet de onze ans plus ou moins livré à lui-même. Il vit dans un vieux mobil-home avec Joss, sa très jeune mère. Celle-ci aime particulièrement les sorties, les garçons et prendre du bon temps avec ses copains. Comme Tom se retrouve régulièrement seul, il doit faire preuve d’ingéniosité pour manger et visite souvent les potagers de ses voisins. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, Tom rencontre Madeleine, veille dame de quatre-vingt-treize ans. Esseulée et larmoyante, elle est couchée au milieu de ses choux et ne parvient pas à se relever. C’est alors que commence une belle amitié transgénérationnelle.

Pour commettre une bonne soupe de lettres, certains ingrédients se démarquent nettement. Je vais tenter, à l’instar de Grégoire Delacourt, d’en faire ici la liste :
- une casserole percée ;
- un nuage de laids ;
- une impérissable banane ;
- une bonne dose de sentiments ;
- des rêves un peu nounouilles ;
- un fil blanc.

Pour cuire des mots comme autant de maux au cœur des amateurs de belles lettres, une marmite mitée est l’équipement indispensable. C’est dans les vieux pots que l’on écrit les plus belles soupes ! Faites donc bouillir votre b(r)ouillon dans un contexte social peu favorisé. Dans La Liste de mes envies, le faitout prend la forme d’une mercerie à Arras. Prenez donc un commerce en déperdition et ajoutez-y le chef-lieu du Pas-de-Calais, vous obtiendrez un cadre auquel la France entière rêve ! De son côté, en plus de grandir dans un mobil-home, Tom est flanqué d’une mère fuyante et peu attentionnée. La France d’en bas semble, dans ces récits, le cadre favorable à l’épanouissement d’un délicieux consommé.

 Soupière en croute          soupe-aux-lettres

Pour faire un beau potage de mots, il vous faut aussi de vrais héros. Evidement en ce XXIe siècle, le super-héros s’est cassé la binette. Mais le sourire inaltérable est toujours de mise et, si cette banane persiste après avoir accablé le héros de tous les ennuis, vous obtiendrez la bienveillance et la tendresse du lecteur. Jocelyne a perdu sa mère et l’un de ses enfants, son père est malade, son mari fut violent, ses enfants sont distants mais elle a fini par accepter et par aimer sa vie. Elle sait tricoter de petits bonheurs simples. Tom n’a pas de papa, une mère démissionnaire et vit dans un mobil-home mais il parvient à avoir de bonnes notes à l’école et à sourire à la vie. 

Pour être crédible, on trouvera à ces héros quelques défauts. Versez donc un nuage de laids. Ainsi, Jocelyne n’a pas la taille fine et Tom est un petit homme haut comme trois pommes. Jocelyn préférerait un mannequin et les camarades de Tom se moquent de sa petite taille. Oh… pauvres héros ! D’emblée, s’ils ne sont pas très beaux (comme nous, vilains lecteurs), ils nous semblent sympathiques. La littérature : dernier territoire de liberté où les laids ont encore le droit de cité ! Depuis que Stephane Heissel a ouvert la porte, les best-sellers ont le droit et même le devoir de s’indigner. A bas la société des apparences, vive les laids ! 

Souriants et laids ok, mais pas soupe au lait ! Car nos protagonistes sont gentils, bien gentils. Dressez les mots amour, patience et persévérance au firmament de leur existence et vous obtiendrez de beaux sanglots tout chauds. Jocelyne s’est jadis faite frappée par Jocelyn mais elle n’est pas partie car elle a compris qu’il était malheureux. Quant à Tom, malgré tous ses soucis, il prend la peine de s’occuper de Madeleine, une mémé qu’il méconnait, juste parce qu’il est gentil, bien gentil. Ces souplettes ne sauraient être complètes sans cette vision simplette du genre humain. La mauvaise fortune les accule mais la mauvaise volonté et la mauvaise foi, les héros connaissent pas. Les méchants c’est pas eux. Comme chez Disney, les malintentionnés finissent toujours par être punis et les gentils par s’en sortir. Ainsi Jocelyn, le mari voleur de Jocelyne, termine sa vie vieux, moche et alcoolique tandis que Jocelyne file le parfait amour. Idem pour Tom pour qui tout finit par rentrer dans l’ordre.

bol blanc 2       soupière       bol blanc 2

Après avoir arrosé votre mixture de tous ces bons sentiments, assaisonnez-la de rêves sans prétention. Dix-huit millions en poche, Jocelyne rêve de s’acheter : une lampe pour la table d’entrée, un portemanteau perroquet, deux poêles Téfal, un nouveau micro-ondes, un presse-légumes, des torchons, une centrale vapeur, une pince à épiler… Au fil du récit, elle fait et refait cette liste mais l’idée de voyager, de courir le monde ou de faire des folies ne l’effleure pas une fois. Jocelyne a le bonheur simple et neuneu comme les articles qu’elle vend dans sa mercerie. Tom est, pour sa part, un gamin de onze ans quasiment dépourvu de rêve et de jeu. Seule la bienveillance de son entourage semble aiguayer son quotidien. La pauvreté serait-elle une purge d’aspiration ? A onze ans, j’en doute un peu. Peut-être que Barbara Constantine a omis ce détail… Les désirs de nos deux protagonistes sont donc un peu étriqués pour ne pas dire nounouilles. Pour aller à la soupe, les auteurs épluchent le mot bonheur en tous sens. Bonheurs rase-motte et formatés mijotent à leur aise au fond de leur soupière.

Pour finir, un fil blanc sera nécessaire pour assembler ce beau bouquet garni. Point de métaphore filée ou d’une quelconque forme de poésie. Point de vocabulaire ou d’inspiration littéraire. Aucune envolée lyrique ne doit venir émulsionner la platitude du récit. Munissez-vous uniquement d’un fil blanc et cousez l’intrigue à la façon d’une couturière filant son ouvrage. Ainsi, dès son entrée en scène, on se doute que Samy est le papa de Tom. De même, qui n’a pas déjà dressé à plusieurs reprises la liste de ses envies s’il gagnait plusieurs millions d’euros. Rien ne nous étonne vraiment. Les événements décrits se devinent aisément à l’avance, de sorte à ce que le lecteur ne soit jamais mis en danger. Ne doutant pas un instant de son intelligence et de sa perspicacité, il se roule en boule et se complait dans le confort douillet de ses pensées les plus molles.

Pour faire une bonne souplette de lettres, vous l’aurez compris, une cocotte cabossée, deux héros prétendument attach(i)ants et un fil blanc sont essentiels. Faire recette avec des lettres paraît donc évident et les marchands de soupes auraient tord de s’en priver. Mais nous, buveurs de bons mots, pourquoi choisir ces soupes à la grimace instantanée ? Ces potages sont de vrais veloutés, on aime leur douceur et ils s’avalent d’un trait. On dirait un pot de Nutella ou un épisode de L’Amour est dans le pré. C’est bon, c’est rassurant, mais franchement, on s’y ennuie, on n’en sort pas grandi et l’on reste sur sa faim.

Allez, promis, s’en est fini des vilaines décoctions, la prochaine fois j’ouvre un grand cru ! Me croyez-vous ?

bol-de-soupe-en-bouillon         soupe sourire

21 décembre 2012

Réveillons le poisson (partie I)

Avant que la neige n’étende son manteau blanc sur la belle nuit de Noël et que, les yeux levés vers le ciel, les enfants ne rêvent au petit papa Noël, avez-vous garni votre pharmacie de doliprane et de citrate de bétaïne ? Outre de beaux joujoux, bouches et estomacs il va falloir ouvrir. Durant les fêtes, l’an passé, 66% d’entre nous ont bu de l’alcool, et ont, pour beaucoup, fini givrés comme des sapins... Pour ceux qui confondent période féérique et excuse alcoolique, désolée, hic, je n’ai pas de conseils, hic, si ce n’est celui, hic, d’éviter de fâcher tout le monde en évoquant le pull tête de cerf ou le CD de Patrick Bruel qui vient de vous être fièrement tendu. Pour survivre au gavage organisé et en sortir frais, il existe évidemment le citrate et le doliprane. Mais comme le clament toutes les mamies, et comme toutes les mamies ne disent pas que des âneries, il vaut mieux prévenir que guérir.  

sucre-orge2        Père noël pêcheur        sucre-orge2

Pour les réveillons, j’ai donc une solution : le poisson. Ce violent antipoison se cuisinera avec passion afin d’alléger le pesant de votre panse. D’accord, il empeste la cuisine quand on le fait cuire ; d’accord les petits vont s’étrangler avec les arrêtes. Néanmoins, ses vertus nutritionnelles sont d’excellentes raisons de le proposer pour les fêtes quitte à engendrer quelques pertes humaines. La plupart des espèces sont très pauvres en graisses et les plus riches contiennent des oméga 3 qui protègent les artères en faisant baisser le taux de cholestérol. De quoi exclure toute mauvaise conscience en s’empiffrant de foie gras, de fromage et de bûche au marron avant et après un bon poisson ! 

Mais comment cuisiner cet étrange animal sans se donner trop de mal ? Les fêtes de fin d’année ne sont pas propices aux heures passées  en cuisine : il y a ce fichu cadeau livré au dernier moment à aller chercher dans un bouiboui, les gougouttes à donner à grand tata pour ses rhumatismes, la table à décorer dans des couleurs douces et chatoyantes bien qu’on sache pertinemment qu’elle ne sera jamais aussi belle que celle de la page 38 du dernier Elle à table. Bref, ce qu’il nous faut c’est une recette méga-simplette et qui en jette ! Et là, vous pouvez compter sur moi, j’ai ce qu’il vous faut : Les Timbales de Jeanne, l’un des best de Marmiton, et Les noix de Saint-Jacques au pastis (je développerai cette seconde recette dans un article à venir très prochainement).

Les Timbales de Jeanne :

Saumon fumé   Les timbales de jeanne   Saumon

Ingrédients (pour 4 personnes) :
- 4 tranches de saumon fumé
- 2 courgettes
- 3 oeufs
- 10 cl de crème fraîche épaisse
- aneth
- 1 petite gousse d'aïl
- huile d'olive
- sel et poivre

Après les avoir pelées et coupées en rondelles, faites revenir les courgettes dans de l'huile d'olive avec l’aïl écrasé et l’aneth.  Poivrez et salez modérément (le saumon fumé l’ai déjà beaucoup). Réservez et laissez refroidir.

Battez les œufs et la crème dans un saladier.

Mélangez cette omelette avec les courgettes puis mixez avec votre pied à soupe afin d’obtenir un effet mousse.

Tapissez quatre ramequins avec les tranches de saumon fumé de sorte à recouvrir entièrement les parois.

Versez la mousse de courgettes dans les ramequins enduis de saumon.

Faire cuire au bain-marie un quart d’heure/vingt minutes en fonction de la puissance de votre four. Je déconseille la cuisson au micro-ondes préconisée par Marmiton. Essayée une fois, ce fut une vraie catastrophe !  

Bon appétit et surtout :

Joyeux noël poisson

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  • Nourritures terrestres et célestes se côtoient sous ma plume tonka. Dans ma marmite 2.0, un bouillon de culture mariant papotages, picotages, des livres et délices à savourer jusqu’à plus faim et/ou jusqu’au mot FIN.
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