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Déclic délices

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16 juin 2013

Radio Classique - « Des histoires en musique »

En ce retour de vacances, la dilettante que je suis vous propose un article récemment paru en version "papier". Me pardonnerez-vous ?

Des histoires en musique

Il est 20 h. Tandis que la télévision déverse son flot de mauvaises nouvelles, existe au pays des enfants une fée qui susurre des histoires tendres, Elodie Fondacci.

A une époque où onirique rime avec électronique et où nos bambins croulent sous une avalanche d’écrans en tout genre, la radio distille des histoires pour dompter le noir et les peurs du soir. Et ça fonctionne : depuis quatre ans, ils sont plus de 100 000 à attendre chaque soir, en pyjama et dents brossées, le top départ vers la mystérieuse contrée de Morphée.

D’un coup de baguette magique, cristaux liquides et cathodiques sont remplacés par une voix magnétique posée sur de la musique classique. La tête sur l’oreiller, les yeux mi-clos et les oreilles grandes ouvertes, nos chères têtes blondes embarquent pour une escapade chimérique de cinq minutes.

Tantôt rieuses et mélodieuses, les intonations de la conteuse savent aussi se faire virulentes, malveillantes et narrer les voies béantes. Avec humour et poésie, ses légendes invitent à rêver le monde et à ne plus compter le temps qui s’égrène doucement et finit sa course au fond du sablier. Oup’s, ça y est, le marchand de sable est passé ! Les parents en ont même oublié le journal télévisé…

Des histoires à retrouver aussi tous les samedis à 9 h, en téléchargement sur www.radioclassique.fr ou aux éditions Gautier-Languereau.

Aux éditions Gautier-Languereau    elodie-fondacci

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28 mai 2013

Chronique armorique

Bravant la forêt de Brocéliande, domptant la houle bretonne, Prince® et moi sommes partis à la conquête de l’ouest. Mine de Bécassine (hermine sur l’échine en prime), nos babines furent les héroïnes de cette jolie comptine. En chemin, nous avons croisé des galettes comme s’il en pleuvait,  des omelettes à 39 euros (la Mère Poulard est une poule aux œufs d’or), des homards en habit de sirène… Chronique d’un périple à croquer.

 Ile de Batz Huîtres à Cancale 1 Mont-saint-Michel

Il faudrait plus d’une ligne pour écrire la pêche. La mèr(e) nourricière offre aux gourmands de savoureux moments. Merci aux cueilleurs de fruits océaniques, applaudissements aux chasseurs de poissons-volants, respect aux magiciens qui du bout de leur baguette transforment  cette population marine en plats alléchants. Chapeau à tous ! Notre échappée nord-bretonne fut ponctuée de passionnants plats de poisson :
- Carrelet citronné et petits légumes comme une ratatouille ; Fish and chips chez Janie à Roscoff (impeccables),
- Foie gras de lotte (une entrée très originale) ; Filet de Saint-Pierre aux asperges vertes sauce maltaise à l’orange sanguine à  La Bouche en folie à Saint-Malo (quel beau resto !),
- Moules-Frites au Roof à Trégastel (frites maison juste parfaites),
- Choucroute de la mer à La Bonne étoile à Roscoff (le coup de cœur du périple) : effilochée de chou vert délicatement parfumé au vin blanc, poissons parfaitement cuits et parfumés, moules, crevettes… Une grande émotion gustative !
- Huîtres de Cancale n°0 et sauvages dégustées sur le port. On choisit ses proies et se les envoie direct dans l’estomac. Une expérience à vivre autant pour les huîtres elles-mêmes que pour le mode de dégustation : collectif, éclectique, extatique !

Carrelet Chez Janie 1 Foie gras de lotte 1 Moules-frites du Roof

Hormis cette libre interprétation du Carpe diem (mange la carpe à la carte avant qu’il ne soit trop tard), le cochon a satisfait nos petits bidons gloutons. Prince® a opté pour cette fameuse saucisse bretonne qui nous faisait de l’œil depuis notre entrée en terre Armor. Servie avec les frites du Roof, kitchissime resto trégastin, elle fut le festin d’un Prince® gourmet. Hélas, nous n’avons pas goûté la galette à la saucisse, spécialité locale. La prochaine fois peut-être… Mon chevalier s’est également délecté d’une côte qui, accompagnée de son écrasé de pommes de terre et de sa sauce moutarde, a eu grande cote. La Bonne étoile (Roscoff) a décidément, ce soir-là, fait briller de belles étoiles dans nos yeux amoureux ! Et comme dans le cochon tout est bon (sans transition), l’andouille de Guéméné m’a par deux fois rassasiée (en croustillant et en galette). Hummm… la cochonnaille, quelle ripaille !

Croustillant d'andouille de guéméné Saucisse bretonne du Roof

Bien sûr, impossible de pénétrer les terres bretonnes sans savourer crêpes et galettes. Soucieux d’honorer les autochtones, nous avons dû céder et nos babines pourlécher.  La Cassonade, institution du genre en l’île de Batz, nous en a offert de bels exemples : une pâte aérée, moelleuse et croustillante à la fois… Un régal à nul autre pareil !

 Galette de La Cassonade Crêpe de La Cassonade

Ses cieux capricieux confèrent à la Bretagne un caractère de fer mais elle sait aussi se montrer douce, subtile et tendre comme en témoignent les desserts et autres plaisirs sucrés qui pullulent sur ses terres. Ainsi, nous avons  avalé quantité de kouign amann : le matin, au goûter, en dessert. En breton, kouign signifie « gâteau » et amann « beurre ». Il est fabriqué à partir d’une pâte à pain, recouverte d'un mélange de beurre et de sucre repliée à la manière d'un feuilletage. L’équilibre n’est pas facile, il doit être sucré mais pas trop, ne doit pas coller aux dents, être croustillant, léger, doré… Le far breton a également subi l’assaut de nos dents aiguisées. Là encore l’équilibre est délicat : attention aux pâtes élastiques ! Aux rayons des impérissables émotions, le moelleux au chocolat de Yann Le Boulch dégusté sur la plage de granite rose de Trégastel (en face du château de Costaéres). Le cadre fut un écrin de charme à ce gâteau tout simple mais succulent : justement cuit, sucré, fondant et fort en chocolat. Côté découverte, le tiramisu aux pommes et au chouchen de La Bonne étoile (resto trois étoiles dans mon cœur). La douceur de la mascarpone, le sucre du fruit, le peps de la liqueur : un trio gagnant.

Kouign Aman du Roof Tiramisu La bonne etoile Marché de Dinard 

Pour arroser ces plats d’exception, un petit crachin breton ? Non, non, non, quelques bons litrons. Evidemment, nos poissons ont aimé surnager dans de bons petits blancs. Nous ramenons le souvenir d’un joli Pouilly fumé, comme une évidence, mais aussi celui d’une découverte : Domaine des Aubuisières, Cuvée des Perruches, Vouvray. Un superbe équilibre, une bouche en folie à Saint-Malo. Nous avons aussi fait honneur à l’âme bretonne. La Bretagne nord regorge de belles bières locales : Rosko, Britt, Lancelot… Bien entendu, nous avons également bu de bons cidres.

  Britt  Bière lancelot  Cidre bouché de Bretagne  Bolée de Paimpol

Bref, Prince® et moi n’avons pas vu de bigouden scandant en cœur « pirates » pour vanter quelques plats surgelés ou autres hérésies marketing comme doigts d’honneur, horreur et malheur au cœur de la gastronomie bretonne. Les bretons ont d’excellents produits à disposition, ils savent ce qui est bon et sont de vrais marmitons. Ils connaissent la manière de mettre ce riche terroir en valeur et pratiquent des prix plutôt doux alors nous ne pouvons que les encourager, les acclamer et retourner ce beau pays visiter.

Mouette sur la quai de Roskoff

14 mai 2013

Voyage de noces en terre indienne II

Temples fastueux, éléphants, palais de maharadjahs, saris multicolores, Taj Mahal… Vous l’aurez compris, notre voyage en terre inconnue se poursuit derrière les fourneaux indiens. Bienvenue dans le monde pimpant de bollywood kitchen !

La subtilité des mélanges de légumes et d’épices, la délicatesse qui en émane et la richesse de ses saveurs font de la cuisine indienne l’une des plus prisées du monde. D’ailleurs qui n’a jamais dîné dans un resto indien ou ne s’est pas essayé à cuisiner un curry ? Pourtant, hormis samossas, poulet tandooris ou mixed grill, pensez-vous pouvoir citer plus de cinq plats indiens ?

Epices  taj-mahal  Sari

En plus d’être limitée, notre vision du patrimoine culinaire indien est erronée. Ainsi, si j’évoque le pain indien, à coup sûr, vous pensez naans nature ou naans au fromage ! En réalité, il s'avère multiple et les naans au fromage (ou plus précisément à La vache qui rit) sont même une pure invention française… D’autre part, que pensez-vous des desserts indiens ? Au resto, nous sommes habitués à devoir commander une glace ou une salade de fruits frais. Peut-être que les Indiens ne sont pas adeptes des douceurs sucrées…  

Grâce aux conseils avisés de Sanjee, adorable initiatrice à la cuisine indienne, me voilà désormais apte à lever ces préjugés et à vous révéler l’art du chapati, l’équivalent de notre baguette nationale, et celui des halwas aux amandes, une douceur qui se déguste en fin de repas ou quand bon vous semblera !

 Mains indiennes  Sanjee

CHAPATIS AU CUMIN

Ingrédients pour 8 galettes : 
300 g de farine de blé (T110)
½ cuillère à café de sel
1 cuillère à café de cumin en grain
15 à 20 cl d’eau tiède
beurre fondu ou ghee (beurre clarifié)

Préparation

Dans un bol, délayez le sel avec l’eau tiède.

Tamisez la farine dans un saladier et mélangez-la avec l’huile d’olive.
Mouillez la pâte avec l’eau salée petit à petit.
Travaillez la pâte environ 10 minutes, jusqu’à ce qu’elle soit ferme (comme une pâte brisée) et encore un peu humide, puis couvrez le saladier avec un linge mouillé et laissez reposer.

Après une heure, divisez la pâte en huit petites boules.

Etalez-les en cercles d’environ 2 millimètres d’épaisseur et 20 cm de diamètre.

Faites chauffer une poêle à crêpe et déposez-y la première galette. Laissez cuire 5 min à feu moyen. Si des bulles se forment, aplatissez-les délicatement à la fourchette. Retournez la galette et faites-la dorer 5 min de l’autre côté. Pour finir, badigeonnez-la de beurre fondu.

Au fur et à mesure, superposez les huit chapatis dans une assiette recouverte d’aluminium et placée dans un four à 40/50° pour les maintenir au chaud.

Si vous décidez de les conserver plus longtemps, enveloppez-les dans un torchon humide pour qu’ils ne sèchent pas et réchauffez-les au four au moment de servir.

chapathi 2  chapathi  chapatis

HALWAS AUX AMANDES

Ingrédients pour 4 personnes :
100 g de semoule fine
1/4 de litre d'eau
50 g de sucre
3 cuillères à café d'amandes effilées concassées et/ou noix de coco râpée sèche
30 g de beurre ou ghee (beurre clarifié)
½ cuillère à café de cardamome en poudre 

Préparation :
Faites dorer la semoule dans une poêle à feu doux pendant une dizaine de minutes.
Ajoutez le beurre dans la poêle, laissez dorer 5 min.
Versez l'eau tout en remuant puis laissez cuire encore 5 min.
Ajoutez le sucre et la cardamome. Remuez jusqu'à ce que la semoule soit gonflée et qu’elle se détache de la poêle.

Laissez tiédir la semoule puis formez des boules de la taille d'une noix et enrobez-les d'amandes concassées (ou de noix de coco râpée si vous aimez ça).

Simples et rapides, ces petits gâteaux de semoule peuvent être dégustés avec un thé tchai… 

épices  halwas  thé indien

J’espère que ces quelques recettes indiennes vous auront donné envie de passer le cap. Un mariage, c’est bien. Mais un voyage de noces en terre indienne entre copines, c’est quand même la vraie bonne raison de se marier, non ?

6 mai 2013

Voyage de noces en terre indienne I

Un réveil aux aurores, quelques kilomètres dans les chaussettes, un soutien indéfectible, une retouche de maquillage, un laçage de corset, des "tu es superbe, on dirait Natalie Portman", des ballons, un discours… Pas facile d’être témoin !

Et pourtant, cette fois-ci, j’ai également pris en main le voyage de noces. Une lune de miel sans marié, entre copines, en forme d’enterrement de vie de jeune fille. Au programme de cette journée : une marathon cosmopolite avec escale sur chaque continent. Un tour du monde le temps d’un tour de cadran. Détonnant !

 valise       Tour-du-monde

Comme cette expérience touchait chaque sens, en un sens, il me paraissait sensé de partager cette expérience unique des sens (à sens unique ?). Bref, voici une petite chronique gastronomique de la première étape de notre périple : un cours de cuisine indienne. Ou comment débuter une journée melting pot par une séance de popote entre potes.

Cours bollywood kitchen      Cuisine Sanjee

Sanjee, jolie prof de cuisine indienne, nous a accueillies dans un ravissant appartement du 4e arrondissement. Avenante, cultivée, pétillante, elle a su rendre ce moment particulièrement dépaysant. Voici son blog : http://www.bollywoodkitchen.com/. Au menu de cette virée épicée : palak paneer (curry d’épinards) avec fabrication de fromage frais indien (paneer) puis chapatis au cumin (galettes à la farine complète) et enfin halwa aux amandes en guise de dessert. Tout est très simple et facile à refaire chez soi, ne soyez pas effrayés par ces noms étranges…

Cours      Sanjee

PALAK PANEER – Curry d'épinards et fromage frais indien

Recette du Paneer :

Le paneer est un fromage traditionnel indien dont la texture ressemble à celle du tofu et le goût est proche de la mozzarella. Il est très souvent utilisé comme source de protéine dans les plats végétariens. On le trouve aussi dans les plats chauds, les salades, les pizza, les brochettes...

Très simple à réaliser, voici la recette de Sanjee :

Ingrédients :
1 litre de lait entier
3 cuillères à soupe de vinaigre blanc
+ 1 mousseline de coton (ou un torchon assez fin)

Préparation :
Faites bouillir votre lait et surveillez-le. Une fois bouilli, ajoutez le vinaigre, éteignez le feu et laissez le lait cailler 10 min.

Au dessus de l’évier, passez le fromage frais dans un linge (mousseline ou torchon).

Gardez l’eau (pour pouvoir conserver le fromage ensuite) et serrez le linge pour égoutter le fromage au maximum.

Laissez le paneer dans le torchon en lui donnant la forme d’un gros galet et poser un poids dessus. Laissez reposer dans le torchon, sous le poids, pendant 30 min.

Sortez-le enfin du torchon et placez-le au frais dans un film alimentaire pendant encore 30 min.

Découpez-le en morceaux d’environ 2 cm.

Il se conserve au frais une semaine dans l’eau préalablement réservée. Vous pouvez aussi le congeler.

     Paneer       Palak panner

Recette du Palak (curry d’épinards crémeux) :

Ingrédients :
600 g de jeunes pouces d’épinards
1 oignon jaune
2 gousses d’ail
1 petit morceau de gingembre frais
3 tomates bien mures ou une boîte de tomates pelées en fonction de la saison
1 petit piment vert ou 1 pincée de piment fort en poudre
Epices : 2 cc de garam massala, 1/2 cc de curcuma, 1cc de cumin en poudre, 1 cc de coriandre en poudre
1 yaourt nature brassé
Sel, poivre, huile

Préparation :
Faites dorer 10 min les oignons émincées dans un peu d’huile végétale, ajouter l’ail pressé, le gingembre râpé ainsi que toutes les épices et 10 cl d’eau.

Mélangez bien et, une fois l’eau évaporée, ajoutez les tomates hachées.

Laissez cuire à feu doux à découvert environ 15 min.

Ajoutez à cette compotée, les pousses d’épinards crus, laissez « tomber » les épinards pendant 10 min puis mijoter environ 10 min.

Pendant ce temps, faites dorer les cubes de paneer sur chaque face, dans une poêle avec une noix de beurre (ou de ghee).

Parsemez le palak des cubes de paneer et servez immédiatement votre palak paneer !

palak paneer       repas

Je vous conseille vivement d’essayer de cuisiner ce plat végétarien car faire son fromage soi-même est une expérience épatante et cette recette demeure une façon inédite de déguster des épinards ! Promis, la prochaine fois, je vous révèle les secrets des chapatis au cumin, avec lesquels le palak paneer se déguste, et les coulisses des halwas, un dessert traditionnel indien.

27 avril 2013

A l'encre de ma plume tonka

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J'écris ton nom

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J'écris ton nom

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Sur la mauvaise conscience des bodybuilders
Sur la ligne des coquettes
J'écris ton nom

CHOCOLAT !

chocolat coulant  Fondant chocolat coeur coulant  chocolat varié

Pour réaliser le somptueux fondant cœur coulant aux quatre épices de Prince®, il vous faudra :

6 œufs
110 g de sucre
80 g de poudre d'amandes
45 g de farine
150 g de beurre
150 g de chocolat noir
2 cuillères à café de quatre épices
beurre et farine pour les moules

Commencez par beurrer et fariner 6 moules à muffin.

Dans un saladier, fouettez les œufs avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
Ajoutez la poudre d'amandes et la farine, mélangez énergiquement.

Faites fondre le chocolat avec le beurre au bain-marie. Incorporez le chocolat et le beurre au premier mélange. Ajoutez deux cuillères à café de quatre-épices.

Beurrez les moules, puis farinez. Retournez-les et tapez-les pour enlever l'excèdent de farine. Répartissez-y la préparation.

Faites cuire au four pendant 15 minutes à 200°C (ajustez en fonction de votre four). Démoulez délicatement en vous aidant d’une assiette retournée.

Fondant chocolat extra  Fondant chocolat

Taille-moi les hanches à la hache… J'ai trop mangé de chocolat… Croque-moi la peau, s'il-te-plaît… Croque-moi les os, s'il le faut…

femme chocolat

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21 avril 2013

Po(p)litique Haring

Qui ne connait pas Keith Haring ? Keith Haring, ce sont les emblématiques affiches, les mugs Mac Do des années 2000, les agendas et cahiers de texte colorés… Des bonhommes sans visage, des bébés, des chiens, des dollars, des aplats de couleurs vives. L’art qui porte l’esprit pop, qui s’exporte au-delà des portes et qui in fine le jackpot rapporte.

Expo Haring 1 Expo Haring 3 Expo Haring 2 

Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris consacre l’une des plus importantes rétrospectives ayant jamais existée à cet artiste disparu il y a vingt-trois ans des suites du sida. Ce parcours permet d’appréhender d’une autre manière celui qui souhaitait diffuser l’art le plus largement possible – narguant les autorités en peignant dans le métro ou sur les murs de la ville au sommet de son succès – et qui, sous des formes ingénues, se faisait le porte-parole de nombreuses luttes.  

Expo Haring 4 Expo Haring 5 Expo Haring 6

Derrière les couleurs flashy, voire fluorescentes, les formes primitives et les symboles prolixes se cachent, en effet, une virulente critique de la société de consommation, de la destruction de la planète par les hommes eux-mêmes, des discriminations envers les minorités sexuelles ou ethniques, de la lobotomie des foules par la télévision, les nouvelles technologies ou la religion. Autant de sujets d’une incroyable actualité.

Expo Haring 7 Expo Haring 8 Expo Haring 9

Le début de la déambulation donne à voir un sexe en liesse tandis que la fin laisse apparaître un sexe transmetteur de sida puis de mort qui rôde lentement avant d'abattre sa dernière carte. Comme un couperet, l’expo se clôt sur une œuvre inachevée (cf. : ci-dessous). Cette fin nous estomaque et nous amène à songer à celui que serait devenu Keith Haring, étouffé par ses dollars, luttant pour demeurer légitime dans sa critique acerbe d’un monde vénal. Tel un poète ou une rock star à la dérive… Les messages de Lennon, Gainsbourg, Cobain ne sont-ils pas plus audibles proférés depuis les cieux ?

Expo Haring 10 Expo Haring 11 Expo Haring 12

14 avril 2013

Paris m’a tuer, Sète m’a sauver !

Vivre quotidiennement dans ce boboland cosmopolite qu'est Paris n’est pas toujours une sinécure. D’accord, il y a ces points de vue sublimes qui nous font parfois admettre qu'il s'agit bien de la plus belle ville du monde ; d’accord il y a une foultitude de choses à faire, à voir, à découvrir ; d’accord Paris est Paris et sera toujours Paris. Mais demeure aussi l’absence d’horizon qui résonne intimement avec la nullité des perspectives ; demeure l’entassement des êtres au dessus, en dessous et collés-serrés dans les entrailles de la ville ; demeure enfin ces jours sans fin qui usent et abusent les parisiens comme des chiens.

Fatiguée, débordée, mon blog abandonné, le web j’ai quitté. Mais ce fut momentané ! Me revoici, me revoilà : about cook and book… Pas l’ombre d’un doute, je reprends la route. Je viens aujourd’hui vous parler d’un livre de cuisine très sympa que je viens de découvrir dans le cadre de mon job. La rubrique détente du magazine Vivre Mieux me fait désormais confiance pour sélectionner des livres de cuisine et exhumer de leurs pages une recette traditionnelle française. Quelle veine ! Voici mon tout premier papier :

 

Tielle sétoise

Ma p'tite chronique :

Tour(tes) de France en 192 pages
Cet ouvrage à la mise en pages aussi sobre qu’élégante met à l’honneur les tourtes et pâtés de nos régions qu’ils soient confectionnés à base de légumes, de viande, de fromage... Vous y retrouverez les fameux pâté aux blettes de Nice ou croustade aux pommes du sud-ouest mais aussi des recettes plus originales comme la mozzarella en croûte de pistache ou la tourte bleu d’auvergne-noix. De quoi é-pa-ter tout le monde !
(Tourtes et pâtés de nos régions, Stéphane Reynaud, éditions Marabout, octobre 2012, 19,90 euros.)

Tourtes et pâtés de nos régions 2 Tourtes et pâtés de nos régions 3 Tourtes et pâtés de nos régions couv

Cette fois-ci, j’ai décidé de mettre à l’honneur une spécialité sétoise qui rappellera à beaucoup le bon goût des vacances dans le sud… La tielle a été importée d’Italie au XVIIIe siècle mais ce n’est qu’à partir du début du siècle dernier qu’elle fut commercialisée. Ce plat traditionnel est aujourd’hui vendu dans de nombreuses boutiques, boulangeries et poissonneries du sud de la France. Il s’agit d’une tourte dont la garniture est composée de calamars, de poulpes ou de seiches coupées plus ou moins finement et d’une sauce tomate pimentée. Elle se consomme généralement en entrée, froide ou tiède, selon les goûts et les saisons.

Voici la recette de Stéphane Reynaud pour 6 personnes :

Ingrédients :
500 g de pâte brisée (ou 2 pâtes brisées du commerce)
1 kg de tomates
1 kg de petits calamars
15 cl de vin blanc sec
6 gousses d’ail
4 oignons
50 g d’olives noires dénoyautées
1 branche de céleri
1 c. à soupe de paprika
5 c. à soupe d’huile d’olive
2 c. à soupe de sucre roux
Sel, poivre

La préparation des calamars
Enlever les tentacules des calamars, les vider en nettoyant bien l’intérieur et les rincer abondamment. Les émincer finement en rondelles, garder les tentacules entiers.

La garniture
Enlever les pédoncules des tomates, les plonger 20 secondes dans de l’eau
bouillante et rafraîchir aussitôt. Enlever la peau des tomates, les épépiner. Hacher les chairs. Eplucher l’ail et les oignons, les hacher finement. Emincer le céleri et hacher les olives.

Dans une sauteuse, faire revenir les calamars avec le céleri, l’oignon et l’ail dans 4 cuillerées à soupe d’huile d’olive. Mouiller avec le vin blanc, ajouter les tomates, les olives noires et le sucre. Faire cuire à feu doux pendant 1 heure, le mélange doit bien compoter. Laisser refroidir et assaisonner.

Mélanger le paprika avec une cuillerée à soupe d’huile d’olive.

Le montage et la cuisson
Diviser la pâte en deux et étaler deux disques identiques. Recouvrir une plaque de cuisson de papier sulfurisé et y déposer un disque de pâte. Répartir le mélange aux calamars sur la pâte en laissant un bord de 1 cm. Dorer le bord avec le jaune d’œuf. Recouvrir avec la seconde abaisse. Souder les deux disques de pâte en pinçant les bords et les rouler vers l’intérieur pour bien les coller.

Lustrer la tielle à l’huile de paprika et mettre au four à 180°C pendant 30 minutes.

Tourtes et pâtés de nos régions 4

Cette recette est parfaite pour se vider la tête et oublier les vicissitudes de la vie urbaine. Goûtez puis fermez les yeux : Brassens gratte ses cordes tandis que l’écume des jours se dépose sur la plage de Sète…

12 mars 2013

Cyrille Zen se livre

Quand un événement conjugue mes racines auvergnates, la gastronomie et le petit monde de l’édition, je ne peux que m’enthousiasmer ! C’est donc avec grand-hâte que j’ai décacheté l’emballage portant le seau « Tournez la page » et renfermant l’emplette faite quelques jours auparavant en précommande. Et devinez quel trésor s’y cachait… le premier opus de Cyrille Zen… presqu’encore chaud, tout juste sorti des presses !

Zen 1 couverture   Zen 2

La cuisine de ce chef étoilé auvergnat revêt pour moi un caractère particulier. Nous l’avions pour la première fois goûtée lors de la présentation officielle de Prince® au cours d’un déjeuner à la Bergerie de Sarpoil. Nous l’avions ensuite soutenue des mois durant lors des tribulations de Cyrille Zen dans le mythique programme de M6 : « Top Chef ». Suite à nombre d’entraves, le candidat s’était battu bec et ongles afin de faire triompher sa maîtrise des associations, sa soif d’esthétisme et sa sobriété. Comment ne pas être séduit par tant de modestie en habit de bonhommie ? Mais l’arrogance et l’insolence l’avait finalement emporté. Le charismatique avait eu raison de l’authentique.

En lettres noires, Cyrille grave son nom au sommet de la première de couverture. Du bout de l’épée, il signe ZEN. Après avoir ouvert cet élégant écrin carré, c’est en se léchant les doigts que l’on feuillette les pages concoctées par les éditeurs Christel Durantin et Marc Pinard, deux de mes anciens collègues. Vie d’avant, labeur au cœur des volcans. Les deux trublions ont littéralement décidé de « tourner la page » en créant leur propre maison. Son nom prend la forme d’une injonction à aller de l’avant et/ou à lâcher les claviers dont nous nous sommes amourachés : Tournez la page. La ligne éditoriale qu’ils tissent depuis près de deux ans leur ressemble, elle propose un fonds pratique, dynamique, grand public. Avoir décidé Cyrille Zen à signer un ouvrage sous leur jeune label est un coup de maître. Bravo à eux !

Zen 3   Zen 4

S’il a deux éditeurs, Cyrille Zen a aussi dans cette aventure deux parrains : Gérard Klein et Christian Constant. Le comédien, lui aussi parisien installé en auvergne, signe hélas une quatrième de couverture un peu décevante. Les mots sont vides de sens et, outre son statut d’ami, on se demande un peu quelle est la valeur ajoutée de ce chaperonnage… Le second parrain, Christian Constant, est également une caution cathodique mais c’est sur le plan gastronomique qu’il est évidement légitime. Ancien chef du Crillon et du Ritz, il fait partie du jury de « Top Chef ». Outre le bien-fondé de son rôle de préfacier, Christian Constant connaît bien son poulain. Il se remémore notamment l’un des plats qui l’avait étonné autant que régalé : homard, ris de veau, pomme granny… Nous voici déjà en appétit !

En guise d’amuse-bouche, Cyrille Zen revient sur son parcours depuis sa naissance à Saint-Germain-en-Laye jusqu’à la finale de « Top Chef ». Dans ce récit, point de pudeur : ennuis pécuniaires, difficultés scolaires, manque de confiance en soi… Le chef nous dit tout ; un petit peu trop peut-être... Au risque de briser l’auréole mystérieuse qui fait de certains hommes de grands hommes. Hélas, contrat M6 oblige peut-être, nous ne saurons rien des coulisses de l’émission… Puis c’est au tour d’Audrey, sa sommelière d’épouse, de narrer les méandres qui l’ont conduite jusqu’à la Bergerie. Les produits du marché Saint-Pierre et les coulisses du restaurant sont ensuite dévoilés à travers deux séances photo alternant couleur puis noir&blanc.

Puis les recettes s’égrainent au fil des saisons sous des titres lunaires et poétiques dans une typo bâton des plus esthétiques. Macarons à la Fourme d’Ambert ; Dos de lieu jaune en croûte d’herbes, rattes primeur et ail rose de Billom ; Pot-au-feu de foie gras, légumes racines ; Millefeuille framboises basilic ; Sphère en fusion mangue-chocolat. Le chef est généreux : il émaille ses recettes de conseils futés, le montage est précisément expliqué, Audrey Zen propose quelquefois un ou deux vins à associer au met. Comme celles de tous les grands chefs, les recettes sont longues et complexes. Mais Cyrille Zen offre aussi aux cuistots du dimanche des recettes plus simples. Les photos de Luc Olivier sont lumineuses, alléchantes et captent avec subtilité la gourmandise qui émane des assiettes du chef. Seul bémol : les arrière-plans  sont parfois un peu chargés ce qui nuit à la mise en valeur de certaines assiettes.

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Les producteurs auvergnats chez lesquels Cyrille Zen se fournit sont également à l’honneur : Céline Montmory, productrice de lait de brebis, Pascale Taisne de la Bruyère, productrice de framboises, Antoine Chenard, éleveur d’escargots, Patrick Peron, trufficulteur. En plus d’être une sacrée gratification, cet éclairage est gage de traçabilité des produits. Et le récent « chevalgate » nous a prouvé, si nous l’avions oublié, à quel point cet aspect de la chaîne alimentaire est important ! Toutefois, cette mise en lumière rend d’autant plus flagrante l’ombre portée sur l’équipe de la Bergerie. Hormis un frêle remerciement à la fin de l’ouvrage, nulle mention ou présentation n’en est faite. Or, bien que Zen, je doute que le chef travaille seul…

Cet ouvrage ne révolutionne pas le genre, là n’est pas sa vocation. Les recettes sont belles, détaillées, le format intelligent. Les titres et les portraits des producteurs chez lesquels le chef s’approvisionne sont particulièrement bien tournés, ce qui n’est pas chose courante dans les livres du genre. Cet ouvrage offre à Christel et Marc une formidable rampe de lancement pour prouver leur savoir-faire en matière de beau livre et notamment de livre gastronomique. Pour Cyrille Zen, cette sortie est une nouvelle occasion de médiatiser sa créativité culinaire et de l’exporter au-delà de nos vertes contrées.

28 février 2013

Couscous party !

Le couscous se caractérise par l’équilibre délicat des viandes, des légumes et de la semoule qui le composent. Ce plat complet, qui figure parmi les plats préférés des Français, est un véritable emblème de générosité. Ses graines couleur soleil symbolisent l'hospitalité des pays dont il provient. Et ce soir, c’est une double ration qui nous a sustenté !

Nous avons d’abord dégusté une part de Couscous aux lardons servie au théâtre Montorgueil niché en plein cœur du Sentier. L’intrigue, menée à un rythme d’enfer, se noue autour du thème de la mixité. Marie-Sophie et Rachid s’aiment et décident de se marier. Les deux cultures, le quotidien, les rapports familiaux – et plus particulièrement les relations avec les belles-mères détentrices des traditions séculaires – sont prétextes à rire.

Marie-Sophie plante un géranium dans le couscoussier offert par belle-maman, Rachid veut sabrer le champagne en direction de La Mecque, Marie-Sophie rêve d’un mariage gastronomique quand Rachid voudrait faire servir un couscous à toute l’assemblée… Une succession de gags et de quiproquos à la sauce piquante, saupoudrés de la dérision et du talent des deux comédiens, rendent ce couscous succulent.

Affiche couscous aux lardons     Couscous aux lardons

Après ce divertissement qui a régalé nos zygomatiques, rien de tel qu’un couscous sans lardon pour satisfaire nos papilles. Direction fissa le Café Zerda à quelques pas de là (au 15, rue René Boulanger dans le 10e ). Le décor traditionnel est plutôt réussi ; subsistent quelques détails kitchs qui rendent le lieu authentique, loin des décors aseptisés à la mode. La carte propose un large choix de tajines, de couscous et une jolie sélection de vins.

Suite à moult hésitations, j’ai opté pour un couscous Zerda (boulette, brochette, merguez, agneau), Prince® a choisi un couscous royal et nos amis un tajine de poulet au citron. Verdict : les portions sont généreuses, la semoule aérienne, les légumes parfumés, les raisins divins et les viandes, grillées et tendres, tout bonnement à tomber à la renverse… Bref, il s’agit du meilleur couscous que je n’ai jamais goûté. Même les couscous dégustés au Maghreb se placent loin derrière celui-ci ! 

Café Zerba intérieur     Couscous zerda

Malgré une addition un chouïa élevée, ce petit programme « spécial couscous » a donc été une vraie nouba pour l’applaudimètre et le papillomètre. Deux couscous une nuit à Paris, voici un pari réussi !

15 février 2013

Brooklyn follies

Après avoir ingurgité deux insipides souplettes de lettres, je ne voulais plus me tromper. Un jus tonique et gouleyant était fermement attendu. Et je n’ai pas été déçue en choisissant Brooklyn follies de Paul Auster. Ce roman d’excellente facture m’a littéralement « enlivrée ». Il s’agit d’un cru racé et soyeux. Comme un breuvage exquis, on aime à en savourer et en décomposer chaque note, gorgée après gorgée on le goûte lentement, il est long en bouche, on s’en souvient immuablement après la dégustation…

Je connais peu la littérature américaine contemporaine. Toutefois, je garde un souvenir ému des quelques romans : Dalva de Jim Harison, Into the Wild de Jon Krakauer, La Route de Cormac MacCarthy. L’immensité et la splendeur des paysages font écho à l’âme des personnages. La correspondance de ces dimensions est saisissante. J’avais brièvement fait connaissance avec l’écriture de Paul Auster, il y a quelques années, grâce au Noël d'Auggie Wren, une nouvelle adaptée pour le jeune public par l’illustrateur français Jean Claverie. Paul Auster ne décrit pas les vastitudes américaines, ses décors sont urbains et humains. 

    Brooklyn follies visuel de couverture         Paul Auster

Brooklyn follies narre les tribulation de Nathan Glass, un jeune retraité venu s’installer à Brooklyn pour couler des jours tranquilles. Son divorce, son cancer et les trente ans qu’il a passé au sein d’une compagnie d'assurances sont désormais derrière lui. Il décide de consigner dans un livre ses souvenirs, ses pensées, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps, Nathan retrouve son neveu Tom dans une librairie. Perdu de vue depuis de longues années, ce garçon reprend très vite la place qui fut la sienne dans le cœur et dans la vie de son oncle. Et c'est ensemble qu'ils vont dorénavant partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies, mais aussi et surtout, le rêve d'une vie meilleure.

Le style est brut voire sec. Dépourvu d’ornement, le vocabulaire et les phrases toujours simples, précis, laconiques. Pas de description physique des personnages ou de peinture des paysages. Auster s’intéresse à l’âme humaine qu’il dépeint en situation. Ainsi se dessine une galerie de personnages à travers des attitudes, des inspirations, des mots et des maux. Car s’ils sont invariablement optimistes, chaque être est ici blessé et en quête d’autre chose, un destin qui transcenderait le quotidien dans lequel il évolue. Nathan cherche à reconstruire une vie paisible, Tom à trouver sa voie professionnelle et amoureuse. Emane d’eux un optimisme, une profondeur et une force qui nous enthousiasme, nous porte et nous lie intimement à leurs destins.

Brooklyn         brooklyn-folies

L’une des intrigues qui mobilise nos protagonistes est la recherche de la mère absente de Lucy, la nièce de Tom. En fuite, Aurora a envoyée Lucy se réfugier à Brooklyn. Malgré son mutisme inquiétant, la fillette soude encore davantage l’amitié de l’oncle et du neveu. Ce personnage nous ramène continuellement à l’abîme laissé par une mère, une sœur, une nièce. Quoi qu’il arrive, l’ombre plane… S’il trouve une dénouement heureux, ce file rouge pose en filigrane la question des sectes et plus largement des dérives de la religion. L’aventure d’Aurora fait écho à l’aurore de l’islamisme. Le prénom n’a certainement été choisi au hasard. A la veille du 11 septembre, annoncé dans les dernières pages du roman, ce leitmotiv paraît a posteriori annonciateur voire prélude aux cauchemars de l’Amérique contemporaine. Toute-puissante hier, touchée de plein fouet par la simple « grâce » de Dieu aujourd’hui.  

La physionomie simpliste de l’écriture d’Auster est en fait le vecteur de messages à différents degrés oscillant entre optimisme et profond désarroi. Les situations et les actes les plus anodins finissent par s’emboîter et le schéma narratif par trouver un sens général. L’art de rationaliser les événements et de nous renforcer dans l’idée que les faits du hasard ne sont jamais vains est parfaitement maîtrisé. Remis en perspective, ces épisodes dressent une chronique des temps modernes dont la fluidité est surprenante. Le microcosme initialement brossé rencontre in fine le macrocosme d’une monde global dont l’avenir est incertain.

Bravo Monsieur Auster, grâce à vous, j’ai retrouvé L’IVREsse !

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  • Nourritures terrestres et célestes se côtoient sous ma plume tonka. Dans ma marmite 2.0, un bouillon de culture mariant papotages, picotages, des livres et délices à savourer jusqu’à plus faim et/ou jusqu’au mot FIN.
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