06 mai 2013

Voyage de noces en terre indienne I

Un réveil aux aurores, quelques kilomètres dans les chaussettes, un soutien indéfectible, une retouche de maquillage, un laçage de corset, des "tu es superbe, on dirait Natalie Portman", des ballons, un discours… Pas facile d’être témoin !

Et pourtant, cette fois-ci, j’ai également pris en main le voyage de noces. Une lune de miel sans marié, entre copines, en forme d’enterrement de vie de jeune fille. Au programme de cette journée : une marathon cosmopolite avec escale sur chaque continent. Un tour du monde le temps d’un tour de cadran. Détonnant !

 valise       Tour-du-monde

Comme cette expérience touchait chaque sens, en un sens, il me paraissait sensé de partager cette expérience unique des sens (à sens unique ?). Bref, voici une petite chronique gastronomique de la première étape de notre périple : un cours de cuisine indienne. Ou comment débuter une journée melting pot par une séance de popote entre potes.

Cours bollywood kitchen      Cuisine Sanjee

Sanjee, jolie prof de cuisine indienne, nous a accueillies dans un ravissant appartement du 4e arrondissement. Avenante, cultivée, pétillante, elle a su rendre ce moment particulièrement dépaysant. Voici son blog : http://www.bollywoodkitchen.com/. Au menu de cette virée épicée : palak paneer (curry d’épinards) avec fabrication de fromage frais indien (paneer) puis chapatis au cumin (galettes à la farine complète) et enfin halwa aux amandes en guise de dessert. Tout est très simple et facile à refaire chez soi, ne soyez pas effrayés par ces noms étranges…

Cours      Sanjee

PALAK PANEER – Curry d'épinards et fromage frais indien

Recette du Paneer :

Le paneer est un fromage traditionnel indien dont la texture ressemble à celle du tofu et le goût est proche de la mozzarella. Il est très souvent utilisé comme source de protéine dans les plats végétariens. On le trouve aussi dans les plats chauds, les salades, les pizza, les brochettes...

Très simple à réaliser, voici la recette de Sanjee :

Ingrédients :
1 litre de lait entier
3 cuillères à soupe de vinaigre blanc
+ 1 mousseline de coton (ou un torchon assez fin)

Préparation :
Faites bouillir votre lait et surveillez-le. Une fois bouilli, ajoutez le vinaigre, éteignez le feu et laissez le lait cailler 10 min.

Au dessus de l’évier, passez le fromage frais dans un linge (mousseline ou torchon).

Gardez l’eau (pour pouvoir conserver le fromage ensuite) et serrez le linge pour égoutter le fromage au maximum.

Laissez le paneer dans le torchon en lui donnant la forme d’un gros galet et poser un poids dessus. Laissez reposer dans le torchon, sous le poids, pendant 30 min.

Sortez-le enfin du torchon et placez-le au frais dans un film alimentaire pendant encore 30 min.

Découpez-le en morceaux d’environ 2 cm.

Il se conserve au frais une semaine dans l’eau préalablement réservée. Vous pouvez aussi le congeler.

     Paneer       Palak panner

Recette du Palak (curry d’épinards crémeux) :

Ingrédients :
600 g de jeunes pouces d’épinards
1 oignon jaune
2 gousses d’ail
1 petit morceau de gingembre frais
3 tomates bien mures ou une boîte de tomates pelées en fonction de la saison
1 petit piment vert ou 1 pincée de piment fort en poudre
Epices : 2 cc de garam massala, 1/2 cc de curcuma, 1cc de cumin en poudre, 1 cc de coriandre en poudre
1 yaourt nature brassé
Sel, poivre, huile

Préparation :
Faites dorer 10 min les oignons émincées dans un peu d’huile végétale, ajouter l’ail pressé, le gingembre râpé ainsi que toutes les épices et 10 cl d’eau.

Mélangez bien et, une fois l’eau évaporée, ajoutez les tomates hachées.

Laissez cuire à feu doux à découvert environ 15 min.

Ajoutez à cette compotée, les pousses d’épinards crus, laissez « tomber » les épinards pendant 10 min puis mijoter environ 10 min.

Pendant ce temps, faites dorer les cubes de paneer sur chaque face, dans une poêle avec une noix de beurre (ou de ghee).

Parsemez le palak des cubes de paneer et servez immédiatement votre palak paneer !

palak paneer       repas

Je vous conseille vivement d’essayer de cuisiner ce plat végétarien car faire son fromage soi-même est une expérience épatante et cette recette demeure une façon inédite de déguster des épinards ! Promis, la prochaine fois, je vous révèle les secrets des chapatis au cumin, avec lesquels le palak paneer se déguste, et les coulisses des halwas, un dessert traditionnel indien.

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27 avril 2013

A l'encre de ma plume tonka

Sur les cahiers de recettes
Sur les pages des magazines
Sur les blogs gourmands
J'écris ton nom

Sur le goûter des enfants
Sur le dessert de Noël
Sur les fringales inavouées
J'écris ton nom

Sur le front des diététiciennes
Sur la mauvaise conscience des bodybuilders
Sur la ligne des coquettes
J'écris ton nom

CHOCOLAT !

chocolat coulant  Fondant chocolat coeur coulant  chocolat varié

Pour réaliser le somptueux fondant cœur coulant aux quatre épices de Prince®, il vous faudra :

6 œufs
110 g de sucre
80 g de poudre d'amandes
45 g de farine
150 g de beurre
150 g de chocolat noir
2 cuillères à café de quatre épices
beurre et farine pour les moules

Commencez par beurrer et fariner 6 moules à muffin.

Dans un saladier, fouettez les œufs avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
Ajoutez la poudre d'amandes et la farine, mélangez énergiquement.

Faites fondre le chocolat avec le beurre au bain-marie. Incorporez le chocolat et le beurre au premier mélange. Ajoutez deux cuillères à café de quatre-épices.

Beurrez les moules, puis farinez. Retournez-les et tapez-les pour enlever l'excèdent de farine. Répartissez-y la préparation.

Faites cuire au four pendant 15 minutes à 200°C (ajustez en fonction de votre four). Démoulez délicatement en vous aidant d’une assiette retournée.

Fondant chocolat extra  Fondant chocolat

Taille-moi les hanches à la hache… J'ai trop mangé de chocolat… Croque-moi la peau, s'il-te-plaît… Croque-moi les os, s'il le faut…

femme chocolat

21 avril 2013

Po(p)litique Haring

Qui ne connait pas Keith Haring ? Keith Haring, ce sont les emblématiques affiches, les mugs Mac Do des années 2000, les agendas et cahiers de texte colorés… Des bonhommes sans visage, des bébés, des chiens, des dollars, des aplats de couleurs vives. L’art qui porte l’esprit pop, qui s’exporte au-delà des portes et qui in fine le jackpot rapporte.

Expo Haring 1 Expo Haring 3 Expo Haring 2 

Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris consacre l’une des plus importantes rétrospectives ayant jamais existée à cet artiste disparu il y a vingt-trois ans des suites du sida. Ce parcours permet d’appréhender d’une autre manière celui qui souhaitait diffuser l’art le plus largement possible – narguant les autorités en peignant dans le métro ou sur les murs de la ville au sommet de son succès – et qui, sous des formes ingénues, se faisait le porte-parole de nombreuses luttes.  

Expo Haring 4 Expo Haring 5 Expo Haring 6

Derrière les couleurs flashy, voire fluorescentes, les formes primitives et les symboles prolixes se cachent, en effet, une virulente critique de la société de consommation, de la destruction de la planète par les hommes eux-mêmes, des discriminations envers les minorités sexuelles ou ethniques, de la lobotomie des foules par la télévision, les nouvelles technologies ou la religion. Autant de sujets d’une incroyable actualité.

Expo Haring 7 Expo Haring 8 Expo Haring 9

Le début de la déambulation donne à voir un sexe en liesse tandis que la fin laisse apparaître un sexe transmetteur de sida puis de mort qui rôde lentement avant d'abattre sa dernière carte. Comme un couperet, l’expo se clôt sur une œuvre inachevée (cf. : ci-dessous). Cette fin nous estomaque et nous amène à songer à celui que serait devenu Keith Haring, étouffé par ses dollars, luttant pour demeurer légitime dans sa critique acerbe d’un monde vénal. Tel un poète ou une rock star à la dérive… Les messages de Lennon, Gainsbourg, Cobain ne sont-ils pas plus audibles proférés depuis les cieux ?

Expo Haring 10 Expo Haring 11 Expo Haring 12

14 avril 2013

Paris m’a tuer, Sète m’a sauver !

Vivre quotidiennement dans ce boboland cosmopolite qu'est Paris n’est pas toujours une sinécure. D’accord, il y a ces points de vue sublimes qui nous font parfois admettre qu'il s'agit bien de la plus belle ville du monde ; d’accord il y a une foultitude de choses à faire, à voir, à découvrir ; d’accord Paris est Paris et sera toujours Paris. Mais demeure aussi l’absence d’horizon qui résonne intimement avec la nullité des perspectives ; demeure l’entassement des êtres au dessus, en dessous et collés-serrés dans les entrailles de la ville ; demeure enfin ces jours sans fin qui usent et abusent les parisiens comme des chiens.

Fatiguée, débordée, mon blog abandonné, le web j’ai quitté. Mais ce fut momentané ! Me revoici, me revoilà : about cook and book… Pas l’ombre d’un doute, je reprends la route. Je viens aujourd’hui vous parler d’un livre de cuisine très sympa que je viens de découvrir dans le cadre de mon job. La rubrique détente du magazine Vivre Mieux me fait désormais confiance pour sélectionner des livres de cuisine et exhumer de leurs pages une recette traditionnelle française. Quelle veine ! Voici mon tout premier papier :

 

Tielle sétoise

Ma p'tite chronique :

Tour(tes) de France en 192 pages
Cet ouvrage à la mise en pages aussi sobre qu’élégante met à l’honneur les tourtes et pâtés de nos régions qu’ils soient confectionnés à base de légumes, de viande, de fromage... Vous y retrouverez les fameux pâté aux blettes de Nice ou croustade aux pommes du sud-ouest mais aussi des recettes plus originales comme la mozzarella en croûte de pistache ou la tourte bleu d’auvergne-noix. De quoi é-pa-ter tout le monde !
(Tourtes et pâtés de nos régions, Stéphane Reynaud, éditions Marabout, octobre 2012, 19,90 euros.)

Tourtes et pâtés de nos régions 2 Tourtes et pâtés de nos régions 3 Tourtes et pâtés de nos régions couv

Cette fois-ci, j’ai décidé de mettre à l’honneur une spécialité sétoise qui rappellera à beaucoup le bon goût des vacances dans le sud… La tielle a été importée d’Italie au XVIIIe siècle mais ce n’est qu’à partir du début du siècle dernier qu’elle fut commercialisée. Ce plat traditionnel est aujourd’hui vendu dans de nombreuses boutiques, boulangeries et poissonneries du sud de la France. Il s’agit d’une tourte dont la garniture est composée de calamars, de poulpes ou de seiches coupées plus ou moins finement et d’une sauce tomate pimentée. Elle se consomme généralement en entrée, froide ou tiède, selon les goûts et les saisons.

Voici la recette de Stéphane Reynaud pour 6 personnes :

Ingrédients :
500 g de pâte brisée (ou 2 pâtes brisées du commerce)
1 kg de tomates
1 kg de petits calamars
15 cl de vin blanc sec
6 gousses d’ail
4 oignons
50 g d’olives noires dénoyautées
1 branche de céleri
1 c. à soupe de paprika
5 c. à soupe d’huile d’olive
2 c. à soupe de sucre roux
Sel, poivre

La préparation des calamars
Enlever les tentacules des calamars, les vider en nettoyant bien l’intérieur et les rincer abondamment. Les émincer finement en rondelles, garder les tentacules entiers.

La garniture
Enlever les pédoncules des tomates, les plonger 20 secondes dans de l’eau
bouillante et rafraîchir aussitôt. Enlever la peau des tomates, les épépiner. Hacher les chairs. Eplucher l’ail et les oignons, les hacher finement. Emincer le céleri et hacher les olives.

Dans une sauteuse, faire revenir les calamars avec le céleri, l’oignon et l’ail dans 4 cuillerées à soupe d’huile d’olive. Mouiller avec le vin blanc, ajouter les tomates, les olives noires et le sucre. Faire cuire à feu doux pendant 1 heure, le mélange doit bien compoter. Laisser refroidir et assaisonner.

Mélanger le paprika avec une cuillerée à soupe d’huile d’olive.

Le montage et la cuisson
Diviser la pâte en deux et étaler deux disques identiques. Recouvrir une plaque de cuisson de papier sulfurisé et y déposer un disque de pâte. Répartir le mélange aux calamars sur la pâte en laissant un bord de 1 cm. Dorer le bord avec le jaune d’œuf. Recouvrir avec la seconde abaisse. Souder les deux disques de pâte en pinçant les bords et les rouler vers l’intérieur pour bien les coller.

Lustrer la tielle à l’huile de paprika et mettre au four à 180°C pendant 30 minutes.

Tourtes et pâtés de nos régions 4

Cette recette est parfaite pour se vider la tête et oublier les vicissitudes de la vie urbaine. Goûtez puis fermez les yeux : Brassens gratte ses cordes tandis que l’écume des jours se dépose sur la plage de Sète…

12 mars 2013

Cyrille Zen se livre

Quand un événement conjugue mes racines auvergnates, la gastronomie et le petit monde de l’édition, je ne peux que m’enthousiasmer ! C’est donc avec grand-hâte que j’ai décacheté l’emballage portant le seau « Tournez la page » et renfermant l’emplette faite quelques jours auparavant en précommande. Et devinez quel trésor s’y cachait… le premier opus de Cyrille Zen… presqu’encore chaud, tout juste sorti des presses !

Zen 1 couverture   Zen 2

La cuisine de ce chef étoilé auvergnat revêt pour moi un caractère particulier. Nous l’avions pour la première fois goûtée lors de la présentation officielle de Prince® au cours d’un déjeuner à la Bergerie de Sarpoil. Nous l’avions ensuite soutenue des mois durant lors des tribulations de Cyrille Zen dans le mythique programme de M6 : « Top Chef ». Suite à nombre d’entraves, le candidat s’était battu bec et ongles afin de faire triompher sa maîtrise des associations, sa soif d’esthétisme et sa sobriété. Comment ne pas être séduit par tant de modestie en habit de bonhommie ? Mais l’arrogance et l’insolence l’avait finalement emporté. Le charismatique avait eu raison de l’authentique.

En lettres noires, Cyrille grave son nom au sommet de la première de couverture. Du bout de l’épée, il signe ZEN. Après avoir ouvert cet élégant écrin carré, c’est en se léchant les doigts que l’on feuillette les pages concoctées par les éditeurs Christel Durantin et Marc Pinard, deux de mes anciens collègues. Vie d’avant, labeur au cœur des volcans. Les deux trublions ont littéralement décidé de « tourner la page » en créant leur propre maison. Son nom prend la forme d’une injonction à aller de l’avant et/ou à lâcher les claviers dont nous nous sommes amourachés : Tournez la page. La ligne éditoriale qu’ils tissent depuis près de deux ans leur ressemble, elle propose un fonds pratique, dynamique, grand public. Avoir décidé Cyrille Zen à signer un ouvrage sous leur jeune label est un coup de maître. Bravo à eux !

Zen 3   Zen 4

S’il a deux éditeurs, Cyrille Zen a aussi dans cette aventure deux parrains : Gérard Klein et Christian Constant. Le comédien, lui aussi parisien installé en auvergne, signe hélas une quatrième de couverture un peu décevante. Les mots sont vides de sens et, outre son statut d’ami, on se demande un peu quelle est la valeur ajoutée de ce chaperonnage… Le second parrain, Christian Constant, est également une caution cathodique mais c’est sur le plan gastronomique qu’il est évidement légitime. Ancien chef du Crillon et du Ritz, il fait partie du jury de « Top Chef ». Outre le bien-fondé de son rôle de préfacier, Christian Constant connaît bien son poulain. Il se remémore notamment l’un des plats qui l’avait étonné autant que régalé : homard, ris de veau, pomme granny… Nous voici déjà en appétit !

En guise d’amuse-bouche, Cyrille Zen revient sur son parcours depuis sa naissance à Saint-Germain-en-Laye jusqu’à la finale de « Top Chef ». Dans ce récit, point de pudeur : ennuis pécuniaires, difficultés scolaires, manque de confiance en soi… Le chef nous dit tout ; un petit peu trop peut-être... Au risque de briser l’auréole mystérieuse qui fait de certains hommes de grands hommes. Hélas, contrat M6 oblige peut-être, nous ne saurons rien des coulisses de l’émission… Puis c’est au tour d’Audrey, sa sommelière d’épouse, de narrer les méandres qui l’ont conduite jusqu’à la Bergerie. Les produits du marché Saint-Pierre et les coulisses du restaurant sont ensuite dévoilés à travers deux séances photo alternant couleur puis noir&blanc.

Puis les recettes s’égrainent au fil des saisons sous des titres lunaires et poétiques dans une typo bâton des plus esthétiques. Macarons à la Fourme d’Ambert ; Dos de lieu jaune en croûte d’herbes, rattes primeur et ail rose de Billom ; Pot-au-feu de foie gras, légumes racines ; Millefeuille framboises basilic ; Sphère en fusion mangue-chocolat. Le chef est généreux : il émaille ses recettes de conseils futés, le montage est précisément expliqué, Audrey Zen propose quelquefois un ou deux vins à associer au met. Comme celles de tous les grands chefs, les recettes sont longues et complexes. Mais Cyrille Zen offre aussi aux cuistots du dimanche des recettes plus simples. Les photos de Luc Olivier sont lumineuses, alléchantes et captent avec subtilité la gourmandise qui émane des assiettes du chef. Seul bémol : les arrière-plans  sont parfois un peu chargés ce qui nuit à la mise en valeur de certaines assiettes.

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Les producteurs auvergnats chez lesquels Cyrille Zen se fournit sont également à l’honneur : Céline Montmory, productrice de lait de brebis, Pascale Taisne de la Bruyère, productrice de framboises, Antoine Chenard, éleveur d’escargots, Patrick Peron, trufficulteur. En plus d’être une sacrée gratification, cet éclairage est gage de traçabilité des produits. Et le récent « chevalgate » nous a prouvé, si nous l’avions oublié, à quel point cet aspect de la chaîne alimentaire est important ! Toutefois, cette mise en lumière rend d’autant plus flagrante l’ombre portée sur l’équipe de la Bergerie. Hormis un frêle remerciement à la fin de l’ouvrage, nulle mention ou présentation n’en est faite. Or, bien que Zen, je doute que le chef travaille seul…

Cet ouvrage ne révolutionne pas le genre, là n’est pas sa vocation. Les recettes sont belles, détaillées, le format intelligent. Les titres et les portraits des producteurs chez lesquels le chef s’approvisionne sont particulièrement bien tournés, ce qui n’est pas chose courante dans les livres du genre. Cet ouvrage offre à Christel et Marc une formidable rampe de lancement pour prouver leur savoir-faire en matière de beau livre et notamment de livre gastronomique. Pour Cyrille Zen, cette sortie est une nouvelle occasion de médiatiser sa créativité culinaire et de l’exporter au-delà de nos vertes contrées.


28 février 2013

Couscous party !

Le couscous se caractérise par l’équilibre délicat des viandes, des légumes et de la semoule qui le composent. Ce plat complet, qui figure parmi les plats préférés des Français, est un véritable emblème de générosité. Ses graines couleur soleil symbolisent l'hospitalité des pays dont il provient. Et ce soir, c’est une double ration qui nous a sustenté !

Nous avons d’abord dégusté une part de Couscous aux lardons servie au théâtre Montorgueil niché en plein cœur du Sentier. L’intrigue, menée à un rythme d’enfer, se noue autour du thème de la mixité. Marie-Sophie et Rachid s’aiment et décident de se marier. Les deux cultures, le quotidien, les rapports familiaux – et plus particulièrement les relations avec les belles-mères détentrices des traditions séculaires – sont prétextes à rire.

Marie-Sophie plante un géranium dans le couscoussier offert par belle-maman, Rachid veut sabrer le champagne en direction de La Mecque, Marie-Sophie rêve d’un mariage gastronomique quand Rachid voudrait faire servir un couscous à toute l’assemblée… Une succession de gags et de quiproquos à la sauce piquante, saupoudrés de la dérision et du talent des deux comédiens, rendent ce couscous succulent.

Affiche couscous aux lardons     Couscous aux lardons

Après ce divertissement qui a régalé nos zygomatiques, rien de tel qu’un couscous sans lardon pour satisfaire nos papilles. Direction fissa le Café Zerda à quelques pas de là (au 15, rue René Boulanger dans le 10e ). Le décor traditionnel est plutôt réussi ; subsistent quelques détails kitchs qui rendent le lieu authentique, loin des décors aseptisés à la mode. La carte propose un large choix de tajines, de couscous et une jolie sélection de vins.

Suite à moult hésitations, j’ai opté pour un couscous Zerda (boulette, brochette, merguez, agneau), Prince® a choisi un couscous royal et nos amis un tajine de poulet au citron. Verdict : les portions sont généreuses, la semoule aérienne, les légumes parfumés, les raisins divins et les viandes, grillées et tendres, tout bonnement à tomber à la renverse… Bref, il s’agit du meilleur couscous que je n’ai jamais goûté. Même les couscous dégustés au Maghreb se placent loin derrière celui-ci ! 

Café Zerba intérieur     Couscous zerda

Malgré une addition un chouïa élevée, ce petit programme « spécial couscous » a donc été une vraie nouba pour l’applaudimètre et le papillomètre. Deux couscous une nuit à Paris, voici un pari réussi !

15 février 2013

Brooklyn follies

Après avoir ingurgité deux insipides souplettes de lettres, je ne voulais plus me tromper. Un jus tonique et gouleyant était fermement attendu. Et je n’ai pas été déçue en choisissant Brooklyn follies de Paul Auster. Ce roman d’excellente facture m’a littéralement « enlivrée ». Il s’agit d’un cru racé et soyeux. Comme un breuvage exquis, on aime à en savourer et en décomposer chaque note, gorgée après gorgée on le goûte lentement, il est long en bouche, on s’en souvient immuablement après la dégustation…

Je connais peu la littérature américaine contemporaine. Toutefois, je garde un souvenir ému des quelques romans : Dalva de Jim Harison, Into the Wild de Jon Krakauer, La Route de Cormac MacCarthy. L’immensité et la splendeur des paysages font écho à l’âme des personnages. La correspondance de ces dimensions est saisissante. J’avais brièvement fait connaissance avec l’écriture de Paul Auster, il y a quelques années, grâce au Noël d'Auggie Wren, une nouvelle adaptée pour le jeune public par l’illustrateur français Jean Claverie. Paul Auster ne décrit pas les vastitudes américaines, ses décors sont urbains et humains. 

    Brooklyn follies visuel de couverture         Paul Auster

Brooklyn follies narre les tribulation de Nathan Glass, un jeune retraité venu s’installer à Brooklyn pour couler des jours tranquilles. Son divorce, son cancer et les trente ans qu’il a passé au sein d’une compagnie d'assurances sont désormais derrière lui. Il décide de consigner dans un livre ses souvenirs, ses pensées, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps, Nathan retrouve son neveu Tom dans une librairie. Perdu de vue depuis de longues années, ce garçon reprend très vite la place qui fut la sienne dans le cœur et dans la vie de son oncle. Et c'est ensemble qu'ils vont dorénavant partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies, mais aussi et surtout, le rêve d'une vie meilleure.

Le style est brut voire sec. Dépourvu d’ornement, le vocabulaire et les phrases toujours simples, précis, laconiques. Pas de description physique des personnages ou de peinture des paysages. Auster s’intéresse à l’âme humaine qu’il dépeint en situation. Ainsi se dessine une galerie de personnages à travers des attitudes, des inspirations, des mots et des maux. Car s’ils sont invariablement optimistes, chaque être est ici blessé et en quête d’autre chose, un destin qui transcenderait le quotidien dans lequel il évolue. Nathan cherche à reconstruire une vie paisible, Tom à trouver sa voie professionnelle et amoureuse. Emane d’eux un optimisme, une profondeur et une force qui nous enthousiasme, nous porte et nous lie intimement à leurs destins.

Brooklyn         brooklyn-folies

L’une des intrigues qui mobilise nos protagonistes est la recherche de la mère absente de Lucy, la nièce de Tom. En fuite, Aurora a envoyée Lucy se réfugier à Brooklyn. Malgré son mutisme inquiétant, la fillette soude encore davantage l’amitié de l’oncle et du neveu. Ce personnage nous ramène continuellement à l’abîme laissé par une mère, une sœur, une nièce. Quoi qu’il arrive, l’ombre plane… S’il trouve une dénouement heureux, ce file rouge pose en filigrane la question des sectes et plus largement des dérives de la religion. L’aventure d’Aurora fait écho à l’aurore de l’islamisme. Le prénom n’a certainement été choisi au hasard. A la veille du 11 septembre, annoncé dans les dernières pages du roman, ce leitmotiv paraît a posteriori annonciateur voire prélude aux cauchemars de l’Amérique contemporaine. Toute-puissante hier, touchée de plein fouet par la simple « grâce » de Dieu aujourd’hui.  

La physionomie simpliste de l’écriture d’Auster est en fait le vecteur de messages à différents degrés oscillant entre optimisme et profond désarroi. Les situations et les actes les plus anodins finissent par s’emboîter et le schéma narratif par trouver un sens général. L’art de rationaliser les événements et de nous renforcer dans l’idée que les faits du hasard ne sont jamais vains est parfaitement maîtrisé. Remis en perspective, ces épisodes dressent une chronique des temps modernes dont la fluidité est surprenante. Le microcosme initialement brossé rencontre in fine le macrocosme d’une monde global dont l’avenir est incertain.

Bravo Monsieur Auster, grâce à vous, j’ai retrouvé L’IVREsse !

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07 février 2013

Inédite et exotique, une expérience unique !

Quand, pour mon anniversaire, mon père m’a offert des soins dans un institut ayurvédique, j’ai d’abord pensé « tiens, maître Yoga a encore agit ». Fortement inspiré par le yoga qu’il pratique et enseigne, mon papa frôle parfois la monomanie. Cet univers me plaît autant qu’il m’intrigue mais je me méfie du charlatanisme et du sectarisme. D’abord un peu déboussolée – il me semblait que j’avais bien besoin d’autres choses en ces temps de vache-maigre – j’ai ensuite pensé qu’une partie de papouillage-dorlotage pourrait quand même être sympa.

Au cœur du XVe, un quartier où se côtoient de beaux logements en brique, des commerces exotiques et l’imprimerie nationale, se trouve le centre Tapovan. Cet endroit se définit comme un point de rencontre, un lieu d'échange authentique dans une atmosphère paisible, chargée d'énergie régénérante, un lieu où se mêlent l'Orient et l'Occident. Puisant son inspiration dans l'Ayurvéda, une tradition millénaire de l'Inde, le centre privilégie le développement de chacun vers l'harmonie, la joie d'être, la joie de vivre pour lui permettre de progresser et d'évoluer. Quel programme ! A la fois zen et ambitieux, n’est-ce pas ?! L’espace se compose d’un salon de thé-librairie-boutique simple et convivial, où l’on trouve encens, huiles de massage, épices, etc., et d’un sous-sol où les soins sont prodigués. Le décor y est plutôt spartiate mais le vrai luxe se cache sûrement ailleurs…

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J’ai commencé mon exploration de l’ayurvédisme par un soin appelé SHIRCHAMPI. Il s’agit d’un massage de la tête et du visage aux huiles ayurvédiques. Le descriptif précise : les mouvements du massage ayurvédique suivent des trajets subtils qui nous guident vers un voyage intérieur unique et passionnant. Voyons voir ! On commence ce massage assis puis le termine couché sous les mains habiles d’une masseuse d’origine indienne pour qui les points de contraction du crâne humain n’ont pas de secret. Le massage des oreilles est particulièrement agréable. Pourquoi négligeons-nous tant cette partie du corps si souvent malmenée et à même de capter le pire ? Cette séance de 45 minutes s’est très bien passée, je suis sortie détendue et pleinement consciente de la complexité de l’enveloppe crânienne. Tant de tensions se nichent ici qu’un massage balaye ! L’expérience est positive. Seul hic : j’ai détesté prendre le métro la tête grasse comme une pouilleuse. Je crois vraiment que ce type de massage n’est pas conseillé aux coquettes parisiennes qui doivent fendre la foule pour rentrer chez elles. Superficielle ? Oui, hélas !  

Mon deuxième rendez-vous fut pris pour recevoir unsoin de beauté du visage répondant au doux nom de SAUNDARYA. La masseuse m’a demandé de me coucher sur un tapis de yoga, les jambes légèrement rehaussées par un coussin, puis s’est assise derrière moi. Je l’ai entendue mélanger plusieurs produits qu’elle a ensuite appliqués en couches épaisses sur mon visage : yaourt, farine de pois-chiche et huile essentielle de basilic. Après avoir laissé poser cette mixture quelques minutes, elle l’a délicatement gommé puis rincé. Après ce peeling, elle a déposé de la gaze mouillée sur mon visage ainsi qu’un masque — toujours composé par ses soins — : yaourt, poudre d’amande, poudre de coco, farine de châtaigne, huile essentielle de lavande, pomme et banane. Elle l’a laissé agir très longtemps, un peu trop peut-être, mais il faut reconnaître qu’elle ne chômait pas, préparant pendant ces intermèdes les produits à venir. Elle a ensuite retiré la gaze, rincé et appliqué un tonique. Le soin s’est terminé par un agréable massage du visage, du buste, de la nuque et du haut du dos avec une huile de sésame puis une crème. Finalement, ce soin est très similaire à ceux pratiqués en institut de beauté classique : nettoyage de peau, masque puis massage. Mais les produits sont naturels et les gestes très sûrs !

  Tapovan massage 2  Tapovan massage 1  Tapovan massage 3

Le troisième soin choisi était un UDVARTANA, c’est-à-dire un modelage tonique du corps avec un mélange de farine de pois chiches et d’épices ayurvédiques comme la cannelle, le gingembre ou le curcuma, un excellent antiseptique. Ce soin de trois quarts d’heure nettoie la peau en profondeur, diminue la cellulite, active la circulation sanguine et affine la silhouette, parfait après les fêtes ! Je me suis couchée sur le vendre avant d’être recouverte dudit mélange. Puis la masseuse a commencé à frotter, malaxer, pincer, masser fermement mes pieds, mes mollets, mes cuisses et ainsi de suite en remontant jusqu’à mes cervicales. Après cela, je me suis retournée et elle a massé mon corps de bas en haut en suivant le même circuit, sans oublier les bras, les mains puis le visage. Ce n’est pas toujours agréable. Les pincements dans le dos sont même douloureux. J’ai pensé à Gérard Jugnot dans Les Bronzés puis à cette phrase dans la bouche de ma mère ironique quand, enfant, elle me démêlait les cheveux : « il faut souffrir pour être belle ». Le lendemain, alors que mon dos me faisait un peu mal, j’ai demandé à Prince® si ma peau était plus douce qu’auparavant. Et, à ma grande surprise, il s’est enthousiasmé. Alors peut-être que ce jeu (sadique) en valait finalement la chandelle…

Au terme de ces trois expériences, le soin de beauté du visage (Saundarya) est celui qui m’a le plus séduite. Le moment est magique et vaut de loin tout ce que j’ai vécu en instituts classiques où les esthéticiennes font souvent du travail à la chaîne et aucune « petite cuisine » comme ici. Les gestes sont appliqués, vraiment déstressants et la peau sublimée. Shirchampi, le massage du crâne, est une expérience intéressante mais il faut prévoir un bonnet en sortant ! En revanche, Udvartana, le dernier soin reçu, m’a laissée perplexe. Je trouve ce massage trop tonique voire incommodant et la peau n’est pas aussi nette qu’après un bon hammam. L’expérience spirituelle se niche, quant à elle, dans la détente qui découle des massages bien qu’elle ne me semble pas aussi profonde que lors d’une séance de yoga. Je projette de retourner chez Tapovan pour recevoir un grand massage du dos. Soin pour lequel j’aurais dû opter au lieu du gommage à la farine de pois chiche. Car, s’il faut souffrir pour être belle, chez Tapovan, il faut être bête pour souffrir ! 

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02 février 2013

Déclic Dalí !

Du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013, le Centre Pompidou rend hommage à Salvador Dalí, l'une des figures marquantes de l'art du XXe siècle. 

DITHYRAMBIQUE était la critique. Nous avons donc eu envie de prendre nous même la mesure du talent du maître et des scénographes qui le mettent en scène à travers une rétrospective inédite.

Expo Dali à Beauboug       Expo Dali

DENSE. Près de 230 œuvres sont ici présentées : peintures, dessins, sculptures... Parmi les peintures, plus ou moins connues, on retrouve les chefs-d’œuvre provenant du musée d’art moderne et contemporain de Madrid, le Reina Sofia, du musée Dalí de Floride mais aussi le tableau emblématique que tout bon livre d’histoire reproduit, Les Montres molles, tout droit débarqué du MOMA de New-York. Quel artiste prolifique !

DEDALE avec un D comme dommage. On rentre d’abord dans une sphère blanche, comme dans un œuf. Puis, l’on se perd un peu dans la chronologie et les thèmes abordés. On revient hélas trop souvent sur ses pas, par peur d’avoir manqué quelque chose, et l’on regrette globalement le manque de logique de la traversée.

DECALE, DELIRANT, DEJANTE, l’univers présenté. Outre son travail sur les arts plastiques, Dalí a réalisé de nombreux films, documents sonores, projets de pièces de théâtre, installations, shows télévisés, etc. Il prend souvent la pose, se met en scène et joue les stars décomplexées. Ces supports sont autant de preuves de l’extraordinaire inventivité du maître, de sa folie créatrice et de son extravagance.

Dali- La Madonne de Raphaël  dali-le-spectre-du-sexappeal-1934 

DEBAUCHE, DEBRIDE Dalí l’était. Cette exposition nous permet de toucher du doigt les thèmes fondateurs de son œuvre : le temps, la mémoire, la religion, la vie, la mort et surtout la sexualité. Car Dalí était un grand obsédé sexuel ! Personne ne reste froid face à tant de significations mêlées, de provocation, d’excentricité et d’outrance. L’art devient un vrai sujet de polémique.

DÉLICATE cette façon de cueillir notre curiosité d’un tableau à l’autre. Tantôt dégoûté, fasciné, intrigué voire choqué, Dalí suscite inexorablement une réaction. Ses blasphèmes, les bêtes mortes qu’il peint, la nudité crue qu’il montre nous heurtent. Controversée et populaire à la fois, la grandeur de son œuvre émerge sûrement de cet étonnant paradoxe.

D’OR ET D’ARGENT couvert Dalí a fini. Souvent dénoncé pour son cabotinage, son goût du luxe et son rapport aux médias, Dalí adorait la publicité. Si le chocolat Lanvin lui doit une fière chandelle, il en doit également une au chocolat Lanvin. Car ces réclames qui ont traversé le temps, ont autant fait la promotion du produit que celle de monsieur Dalí. Néanmoins, ce type de démarches commerciales a, pour certains, longtemps fait de l’artiste un imposteur.

Face au succès rencontré par cette exposition (6 000 visiteurs par jour), 24 ans après sa mort, on peut se demander si Dalí n’est définitivement pas entré dans le cœur des français. En tout cas, Plume Tonka a passé un délicieux moment avec vous Monsieur Dalí ! On peut même dire qu’elle a eu le DECLIC DALI!

Salvator Dali

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16 janvier 2013

Mariage pour tous !

Il est des passions d’été qui nous enivrent le temps d’une saison, fugaces. Il est en revanche une passion des thés qui nous enivre incessamment, tenace. Quelle qu’elle soit, votons pour la passion ! Alors que dans Paris défilent les visages de la contestation, je dis oui au Mariage pour tous !

L’été est encore loin mais le thé, lui, réchauffe le corps, le cœur, et met tout le monde d’accord. Après avoir faites in les toxines lors des fêtes, nous allons donc parler théine… Etes-vous des pro théine ? Le thé vert est une boisson diurétique qui aide l’organisme à se débarrasser des toxines.

Chassons les fausses excuses, c’est pour le plaisir que je me suis offert un colis de thés ces derniers jours. Et thé noir, rouge, bleu, etc., aucun thé n’est discriminé. Oui à la pluralité, oui à la diversité !

   tea time   boîte de thé mariage

Mariage Frères est une maison française fondée en 1854 par les frères Mariage. La ferveur et le raffinement guident les pas de cette maison depuis plusieurs générations. Voici le classement de ma petite sélection :

Montagne d’or :

Je me suis d’abord laissée séduire par la présentation de ce thé noir parfumé : Du haut de la Montagne d'or s'étendent, magnifiques, la ville de Bangkok, ses ruelles et ses temples, le Palais royal et le fleuve. Chaque année en novembre, les fidèles, flambeaux en main, en gravissent les pentes. Ce lieu exceptionnel méritait un mélange mémorable : ici, des thés traditionnels de Chine sont associés à des parfums de fruits des montagnes du Triangle d'or. La tasse est lumineuse et profuse d'un bouquet de saveurs où se révèlent entre autres litchi, mangue mûre, pomme du Bengale égayés par fleur de carthame, rose et souci. Ce mélange de thés parfumés traditionnels de Chine et de fruits des montagnes du Triangle d'or est une vraie réussite, je vous le conseille sans hésiter ! Il est devenu en quelques jours mon préféré.

Earl grey french blue :

Le earl grey est un mélange de thé noir aromatisé à la bergamote. J’ai toujours aimé ce type de thé mais, avec le earl grey french blue, vous allez littéralement fondre de plaisir car la bergamote, aux tonalités fruitées, zestées et légèrement poivrées, est ici agrémentée des notes fleuries du bleuet royal. La tasse ronde et équilibrée, à la saveur ample et persistante, imprime le palais de sa personnalité — en toute majesté. C’est donc naturellement qu’il se classe second de ma sélection.

Véranda :

Il est un thé dont la poésie qui émane de sa présentation digitale fait rêver : Au tintement de l’eau dans les porphyres roux les rosiers de l’Iran mêlent leurs frais murmures : ce mélange colonial évoque ces images de calme quand les parfums embaument les jardins. Adossés à la belle rondeur d'un thé noir, s'y distinguent des fruits exotiques qui rappellent pamplemousse, framboise et orangette confite, et fleurs : bleuet, tournesol, mauve, rose, pour une tasse des plus poétiques.  Idéal pour rêver le monde. Acheter un thé, semble ici « acheter un rêve ». Et, une fois dégusté, ce thé se révèle à la hauteur des mots qui le décrivent !

Saint-Valentin :

Ce thé noir, composé pour la Saint-Valentin, a pour parfums les agrumes, la mauve, le lotus et la rose. Une saveur exquise pour prolonger les jours heureux. Toutefois, je regrette son manque certain de corps. Il ne faut pas hésiter à garnir abondamment le filtre pour que ses arômes se révèlent.

Fleurs d’oranger oolong :

Amoureuse de la fleur d’oranger, je me suis laissée tenter par un thé bleu parfumé. Hélas, après l’avoir testé de plusieurs façons – filtre plus ou moins chargé, différentes températures, etc. – je crois pourvoir dire que ce thé ne me plaît pas.

1-Thé Montagne d'or 2- Thé Earl grey french blue6-Thé Véranda4- Thé Saint Valentin

Même si les prix font parfois tousser, je suis pour le thé Mariage pour tous ! Grâce à une étude scrupuleuse de leur site de vente en ligne, il est possible de trouver des thés aux prix abordables. Dans une ville où l'on peut boire un thé Twinings à 7 euros dans un bar lambda, ne faudrait-il pas légiférer pour que le thé Mariage devienne légion voire religion ?! 

théière   thés mariage frère

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