07 janvier 2014

Meilleurs voeux

Voeux

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25 novembre 2013

Hôtel de ville en clair-obscur

Pas envie que l’ennui soit notre mode de vie. Par chance à Paris, pas de souci ! Rendez-vous est pris pour la nouvelle exposition de l’Hôtel de ville : « Brassaï, Pour l’amour de Paris ».

Affiche

Imaginez un temps où, dans la capitale, le noir de la nuit existait encore. Néons, enseignes lumineuses et halo orangé n’avaient pas encore avalé les abymes de la ville. De ce décor nocturne, Brassaï aime capter le brouillard de la Seine, le reflet des lumières sur les pavés, les ombres furtives… Atmosphère à la fois familière et théâtrale dans laquelle se côtoient les monuments les plus impressionnants et les vespasiennes, les graffitis ou le mobilier urbain.

Du charbon de cette nuit intense surgissent aussi des portraits de parisiens qu’on dirait coupés à la serpe : prostituées, mauvais garçons, travailleurs des Halles, clowns, cartomancières… Le contraste duquel ils apparaissent les rend d’autant plus vivants. On imagine aisément la gouaille de ces tronches insolentes. A cette galerie de personnages hétéroclite, s’associent les artistes que Brassaï fréquente alors comme Picasso, l’un de ses collaborateurs et amis. S’ajoutent aussi des nus aussi troublants que le cadrage est serré. Le grain de peau se mêle au grain du papier. L’envie de toucher nous effleure.

On prend d’abord la mesure de la beauté esthétique des compositions puis ressortent autant de figures et de détails intemporels ou révolus qu’il devient ludique de scruter de près. Le cheminement de cliché en cliché devient un cheminement de fascination en exaltation.

Bonne exposition !

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09 octobre 2013

Dvd - Ernest et Célestine*

Adaptation de l'oeuvre de Gabrielle Vincent scénarisée par Daniel Pennac, Ernest et Célestine est un film d’animation destiné aux âmes d’enfants quel que soit leur âge…

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Une intrépide souricette prénommée Célestine et Ernest, un vieil ours mal luné, bravent les règles de leur camp respectif pour s’unir autour d’un échange de services. Nourrie par une même passion de l’art – Célestine est artiste-peintre, le plantigrade est chanteur, musicien et raconteur d’histoires − l’entraide qui lie ce duo incongru se transforme peu à peu en amitié.

La bande originale jazzy et les images aquarellées confèrent à ce tableau une esthétique surannée. Dans l’univers pastel des dessins animés pour enfants, le dépouillement, la noirceur et l’artisanat de sa plastique hissent Ernest et Célestine au rang d’OVNI.

Outre son originalité formelle, ce film d’animation séduit par la multitude des cordes sur lesquelles il joue : tantôt sensible ou ironique, tendre voire frondeuse. Il sait sonner juste, ne pas verser dans le manichéisme et nous atteindre en plein coeur.

L’amour de l’art transcende les règles établies, ouvre les voies de l’amitié au-delà des différences et porte un message de tolérance. Pas si bête !

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* article à retrouver dans Vivre Mieux n°34

01 septembre 2013

Strasbourg toujours…

Auteur génial des Trois brigands, un classique de la littérature jeunesse, je connaissais surtout Tomi Ungerer pour son Nobel de littérature enfantine (le prix Andersen) reçu en 1998. Mais notre périple strasbourgeois et, plus précisément la visite du musée qui lui est consacré, m’ont permis de découvrir le polymorphisme du talent de cet artiste.

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Né en 1931 à Strasbourg, Tomi Ungerer a grandi près de Colmar à l’heure de l’Occupation nazie. Il entame d’abord une carrière de dessinateur publicitaire. Puis il écrit et illustre des albums pour enfants et collabore à plusieurs magazines. Ses nombreux voyages sont l’occasion de se frotter au monde : Laponie, New York, Nouvelle Ecosse, Irlande…

Ainsi l’artiste s’insurge-t-il contre la ségrégation, la guerre du Vietnam, les menaces qui pèsent sur l’environnement, etc., et prône la sensibilisation des enfants aux horreurs de la guerre, la réconciliation franco-germanique… Un tantinet bien pensante mais complètement déjantée dans la forme, son œuvre est à la fois désopilante, corrosive et libre.

Tomi Ungerer n’endort pas les enfants, il façonne pour eux et leur parents des rêves plus grands. « Soyez bêtes, soyez méchants, analphabètes et dégoûtants. » Le monde à travers le prisme d’Ungerer : décapant !

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21 avril 2013

Po(p)litique Haring

Qui ne connait pas Keith Haring ? Keith Haring, ce sont les emblématiques affiches, les mugs Mac Do des années 2000, les agendas et cahiers de texte colorés… Des bonhommes sans visage, des bébés, des chiens, des dollars, des aplats de couleurs vives. L’art qui porte l’esprit pop, qui s’exporte au-delà des portes et qui in fine le jackpot rapporte.

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Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris consacre l’une des plus importantes rétrospectives ayant jamais existée à cet artiste disparu il y a vingt-trois ans des suites du sida. Ce parcours permet d’appréhender d’une autre manière celui qui souhaitait diffuser l’art le plus largement possible – narguant les autorités en peignant dans le métro ou sur les murs de la ville au sommet de son succès – et qui, sous des formes ingénues, se faisait le porte-parole de nombreuses luttes.  

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Derrière les couleurs flashy, voire fluorescentes, les formes primitives et les symboles prolixes se cachent, en effet, une virulente critique de la société de consommation, de la destruction de la planète par les hommes eux-mêmes, des discriminations envers les minorités sexuelles ou ethniques, de la lobotomie des foules par la télévision, les nouvelles technologies ou la religion. Autant de sujets d’une incroyable actualité.

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Le début de la déambulation donne à voir un sexe en liesse tandis que la fin laisse apparaître un sexe transmetteur de sida puis de mort qui rôde lentement avant d'abattre sa dernière carte. Comme un couperet, l’expo se clôt sur une œuvre inachevée (cf. : ci-dessous). Cette fin nous estomaque et nous amène à songer à celui que serait devenu Keith Haring, étouffé par ses dollars, luttant pour demeurer légitime dans sa critique acerbe d’un monde vénal. Tel un poète ou une rock star à la dérive… Les messages de Lennon, Gainsbourg, Cobain ne sont-ils pas plus audibles proférés depuis les cieux ?

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07 février 2013

Inédite et exotique, une expérience unique !

Quand, pour mon anniversaire, mon père m’a offert des soins dans un institut ayurvédique, j’ai d’abord pensé « tiens, maître Yoga a encore agit ». Fortement inspiré par le yoga qu’il pratique et enseigne, mon papa frôle parfois la monomanie. Cet univers me plaît autant qu’il m’intrigue mais je me méfie du charlatanisme et du sectarisme. D’abord un peu déboussolée – il me semblait que j’avais bien besoin d’autres choses en ces temps de vache-maigre – j’ai ensuite pensé qu’une partie de papouillage-dorlotage pourrait quand même être sympa.

Au cœur du XVe, un quartier où se côtoient de beaux logements en brique, des commerces exotiques et l’imprimerie nationale, se trouve le centre Tapovan. Cet endroit se définit comme un point de rencontre, un lieu d'échange authentique dans une atmosphère paisible, chargée d'énergie régénérante, un lieu où se mêlent l'Orient et l'Occident. Puisant son inspiration dans l'Ayurvéda, une tradition millénaire de l'Inde, le centre privilégie le développement de chacun vers l'harmonie, la joie d'être, la joie de vivre pour lui permettre de progresser et d'évoluer. Quel programme ! A la fois zen et ambitieux, n’est-ce pas ?! L’espace se compose d’un salon de thé-librairie-boutique simple et convivial, où l’on trouve encens, huiles de massage, épices, etc., et d’un sous-sol où les soins sont prodigués. Le décor y est plutôt spartiate mais le vrai luxe se cache sûrement ailleurs…

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J’ai commencé mon exploration de l’ayurvédisme par un soin appelé SHIRCHAMPI. Il s’agit d’un massage de la tête et du visage aux huiles ayurvédiques. Le descriptif précise : les mouvements du massage ayurvédique suivent des trajets subtils qui nous guident vers un voyage intérieur unique et passionnant. Voyons voir ! On commence ce massage assis puis le termine couché sous les mains habiles d’une masseuse d’origine indienne pour qui les points de contraction du crâne humain n’ont pas de secret. Le massage des oreilles est particulièrement agréable. Pourquoi négligeons-nous tant cette partie du corps si souvent malmenée et à même de capter le pire ? Cette séance de 45 minutes s’est très bien passée, je suis sortie détendue et pleinement consciente de la complexité de l’enveloppe crânienne. Tant de tensions se nichent ici qu’un massage balaye ! L’expérience est positive. Seul hic : j’ai détesté prendre le métro la tête grasse comme une pouilleuse. Je crois vraiment que ce type de massage n’est pas conseillé aux coquettes parisiennes qui doivent fendre la foule pour rentrer chez elles. Superficielle ? Oui, hélas !  

Mon deuxième rendez-vous fut pris pour recevoir unsoin de beauté du visage répondant au doux nom de SAUNDARYA. La masseuse m’a demandé de me coucher sur un tapis de yoga, les jambes légèrement rehaussées par un coussin, puis s’est assise derrière moi. Je l’ai entendue mélanger plusieurs produits qu’elle a ensuite appliqués en couches épaisses sur mon visage : yaourt, farine de pois-chiche et huile essentielle de basilic. Après avoir laissé poser cette mixture quelques minutes, elle l’a délicatement gommé puis rincé. Après ce peeling, elle a déposé de la gaze mouillée sur mon visage ainsi qu’un masque — toujours composé par ses soins — : yaourt, poudre d’amande, poudre de coco, farine de châtaigne, huile essentielle de lavande, pomme et banane. Elle l’a laissé agir très longtemps, un peu trop peut-être, mais il faut reconnaître qu’elle ne chômait pas, préparant pendant ces intermèdes les produits à venir. Elle a ensuite retiré la gaze, rincé et appliqué un tonique. Le soin s’est terminé par un agréable massage du visage, du buste, de la nuque et du haut du dos avec une huile de sésame puis une crème. Finalement, ce soin est très similaire à ceux pratiqués en institut de beauté classique : nettoyage de peau, masque puis massage. Mais les produits sont naturels et les gestes très sûrs !

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Le troisième soin choisi était un UDVARTANA, c’est-à-dire un modelage tonique du corps avec un mélange de farine de pois chiches et d’épices ayurvédiques comme la cannelle, le gingembre ou le curcuma, un excellent antiseptique. Ce soin de trois quarts d’heure nettoie la peau en profondeur, diminue la cellulite, active la circulation sanguine et affine la silhouette, parfait après les fêtes ! Je me suis couchée sur le vendre avant d’être recouverte dudit mélange. Puis la masseuse a commencé à frotter, malaxer, pincer, masser fermement mes pieds, mes mollets, mes cuisses et ainsi de suite en remontant jusqu’à mes cervicales. Après cela, je me suis retournée et elle a massé mon corps de bas en haut en suivant le même circuit, sans oublier les bras, les mains puis le visage. Ce n’est pas toujours agréable. Les pincements dans le dos sont même douloureux. J’ai pensé à Gérard Jugnot dans Les Bronzés puis à cette phrase dans la bouche de ma mère ironique quand, enfant, elle me démêlait les cheveux : « il faut souffrir pour être belle ». Le lendemain, alors que mon dos me faisait un peu mal, j’ai demandé à Prince® si ma peau était plus douce qu’auparavant. Et, à ma grande surprise, il s’est enthousiasmé. Alors peut-être que ce jeu (sadique) en valait finalement la chandelle…

Au terme de ces trois expériences, le soin de beauté du visage (Saundarya) est celui qui m’a le plus séduite. Le moment est magique et vaut de loin tout ce que j’ai vécu en instituts classiques où les esthéticiennes font souvent du travail à la chaîne et aucune « petite cuisine » comme ici. Les gestes sont appliqués, vraiment déstressants et la peau sublimée. Shirchampi, le massage du crâne, est une expérience intéressante mais il faut prévoir un bonnet en sortant ! En revanche, Udvartana, le dernier soin reçu, m’a laissée perplexe. Je trouve ce massage trop tonique voire incommodant et la peau n’est pas aussi nette qu’après un bon hammam. L’expérience spirituelle se niche, quant à elle, dans la détente qui découle des massages bien qu’elle ne me semble pas aussi profonde que lors d’une séance de yoga. Je projette de retourner chez Tapovan pour recevoir un grand massage du dos. Soin pour lequel j’aurais dû opter au lieu du gommage à la farine de pois chiche. Car, s’il faut souffrir pour être belle, chez Tapovan, il faut être bête pour souffrir ! 

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02 février 2013

Déclic Dalí !

Du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013, le Centre Pompidou rend hommage à Salvador Dalí, l'une des figures marquantes de l'art du XXe siècle. 

DITHYRAMBIQUE était la critique. Nous avons donc eu envie de prendre nous même la mesure du talent du maître et des scénographes qui le mettent en scène à travers une rétrospective inédite.

Expo Dali à Beauboug       Expo Dali

DENSE. Près de 230 œuvres sont ici présentées : peintures, dessins, sculptures... Parmi les peintures, plus ou moins connues, on retrouve les chefs-d’œuvre provenant du musée d’art moderne et contemporain de Madrid, le Reina Sofia, du musée Dalí de Floride mais aussi le tableau emblématique que tout bon livre d’histoire reproduit, Les Montres molles, tout droit débarqué du MOMA de New-York. Quel artiste prolifique !

DEDALE avec un D comme dommage. On rentre d’abord dans une sphère blanche, comme dans un œuf. Puis, l’on se perd un peu dans la chronologie et les thèmes abordés. On revient hélas trop souvent sur ses pas, par peur d’avoir manqué quelque chose, et l’on regrette globalement le manque de logique de la traversée.

DECALE, DELIRANT, DEJANTE, l’univers présenté. Outre son travail sur les arts plastiques, Dalí a réalisé de nombreux films, documents sonores, projets de pièces de théâtre, installations, shows télévisés, etc. Il prend souvent la pose, se met en scène et joue les stars décomplexées. Ces supports sont autant de preuves de l’extraordinaire inventivité du maître, de sa folie créatrice et de son extravagance.

Dali- La Madonne de Raphaël  dali-le-spectre-du-sexappeal-1934 

DEBAUCHE, DEBRIDE Dalí l’était. Cette exposition nous permet de toucher du doigt les thèmes fondateurs de son œuvre : le temps, la mémoire, la religion, la vie, la mort et surtout la sexualité. Car Dalí était un grand obsédé sexuel ! Personne ne reste froid face à tant de significations mêlées, de provocation, d’excentricité et d’outrance. L’art devient un vrai sujet de polémique.

DÉLICATE cette façon de cueillir notre curiosité d’un tableau à l’autre. Tantôt dégoûté, fasciné, intrigué voire choqué, Dalí suscite inexorablement une réaction. Ses blasphèmes, les bêtes mortes qu’il peint, la nudité crue qu’il montre nous heurtent. Controversée et populaire à la fois, la grandeur de son œuvre émerge sûrement de cet étonnant paradoxe.

D’OR ET D’ARGENT couvert Dalí a fini. Souvent dénoncé pour son cabotinage, son goût du luxe et son rapport aux médias, Dalí adorait la publicité. Si le chocolat Lanvin lui doit une fière chandelle, il en doit également une au chocolat Lanvin. Car ces réclames qui ont traversé le temps, ont autant fait la promotion du produit que celle de monsieur Dalí. Néanmoins, ce type de démarches commerciales a, pour certains, longtemps fait de l’artiste un imposteur.

Face au succès rencontré par cette exposition (6 000 visiteurs par jour), 24 ans après sa mort, on peut se demander si Dalí n’est définitivement pas entré dans le cœur des français. En tout cas, Plume Tonka a passé un délicieux moment avec vous Monsieur Dalí ! On peut même dire qu’elle a eu le DECLIC DALI!

Salvator Dali

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07 janvier 2013

Bonnannééééeeee !

Bonne année les bananes, les bandes d’ânes, les bananés, les bonnets d’ânes… BONNANNEE A TOUS !

Lancez les dés et faites que 2013 soit une moisson de délicieux moments.

Je vous souhaite Des Délices et plein D’épices, Des livres et Des Délires, Des briques et Des brocs, mais aussi des sourires sans soupire, des rêves qui élèvent, de la tendresse et quelques caresses…

Les D sont jetés, à vous de rêver votre année et d’exaucer ces souhaits en 365 journées.

Pour ma part, je ne serai plus en clics et en lisse toute la sainte journée, ma rentrée sera dès demain très studieuse… Je poursuis tout de même l'aventure gourmande ; seul le rythme de publication sera légèrement moins soutenu.

A très bientôt délicieux amis ! 

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19 décembre 2012

Jolie découverte à la Maroquinerie

Samedi soir, Prince® et moi avons foulé des chemins de hasard et rempli nos cages à miel de nouveaux sons. Ce qui est merveilleux quand on connaît peu de monde dans une ville, c’est que le temps l’on passait autrefois à se goinfrer de cacahuètes en buvant des potions magiques entre amis, on le met désormais au profit d’aventures singulières. Et assister à un concert sans connaître l’artiste n’est finalement ni vaine, ni banale entreprise. Après mes articles cook and book, voici donc une chronique zique…

J’imagine que le nom de Lisa Portelli ne vous évoque pas grand-chose. Avant de consulter sa bio, je confondais vaguement cette jeune chanteuse-guitariste avec Elisa Tovati. Quelques pages web plus tard, j’apprenais qu’Elsa Portelli avait publié un album intitulé Le Régal en 2011 et qu’elle puisait son inspiration du côté de PJ Harvey, Dominique A, Emilie Simon, Alain Bashung… Il y a pires sources où abreuver son imaginaire, n’est-ce pas ? Les honneurs qui lui ont été faits semblaient également de bon augure : Découverte du Printemps de Bourges en 2006, Chantier des Francofolies 2007, lauréate Paris jeunes talents 2010, nommée à la sélection du prix Constantin 2011 (néanmoins remporté par Selah Sue).

Munis de deux invitations pour découvrir Lisa Portelli, nous nous sommes dirigés vers le très bobo quartier de Belleville et avons poussé les portes de la Maroquinerie. C’est à une entrée en scène tout en discrétion à laquelle nous avons assisté. Lisa Portelli et son guitariste soulignaient du bout des doigts les émotions d’un court-métrage muet intitulé « Prises de vie ». Pendant douze minutes défilaient les tranches de l’existence d’un homme et d’une femme, d’une rencontre, d’un amour qui éclot, d’un ventre qui s’arrondit, d’un enfant qui grandit. Un thématique ordinaire mais un angle intéressant duquel les détails anodins, les espaces et les temps creux ne sont pas gommés. Plaisant…

 la-maroquinerie-entrée      Lisa Portelli à la Maroquinerie      la-maroquinerie-2

Après un bref entracte, Lisa Portelli réapparaît dans un phrasé presque rappé. Sa voix profonde oscille avec aisance entre ténèbres et sommets cristallins. Ce timbre opalescent est charmant mais pas assez usité à mon sens. De cette amplitude vocale posée sur une musique dépouillée – deux guitares et une batterie – germe une poésie délicate. D’ailleurs les textes sont admirablement ciselés bien que saturés d’images obsolètes. Les métaphores liées au ciel, à l’horizon ou aux vagues sont un rien classiques et leur redondance pourrait à terme friser l’ennui. Mais Lisa Portelli n’est pas seulement grâce aérienne, elle sait aussi se montrer rockeuse voire hargneuse. Le sucre et le miel de ses ritournelles se pimentent de grandes envolées électriques. La rythmique se fait plus entraînante et la guitare tonitruante.

Il va sans dire que Lisa Portelli a bon goût, elle sait s’entourer, et le charme qui émane de ce petit brin de femme tient aussi à cela. Ainsi, Andoni Iturrioz, le parolier avec qui elle a coécrit son album, nous offre une douce parenthèse parlée. Unique regret, cet homme-là se prend légèrement au sérieux et le statisme de son intervention fossilise un peu plus – et il n’en a pas besoin – le genre poétique. Par la suite, Lisa Portelli invite sur scène une chorale de fillettes pour interpréter l’enjouée et nerveuse Animal K. Intervention réussie et largement saluée par le public reprenant en liesse : animal cannibale, animal kamikaze… Enfin, la chanteuse revisite l’un des rares « tubes » du très inspiré chamaliérois Jean-Louis Murat : Mon amour est-il dans son quartier de lune ? Mon amour veut-il faire un tour dans l'au-delà ? Mon amour a-t-il mis ses habits de fête ? Mon amour veut-il faire un tour dans l'au-delà ? Belle prestation nouant complicité voire symbiose avec le public.

 Lisa Portelli sur la scène de la maroquinerie   Lisa Portelli avec chorale de jeunes filles   Lisa Portelli sur scène

Le succès de cette soirée tient aussi au caractère bien trempé de Lisa Portelli. Cette jeune artiste au jeu de guitare tranchant sait se montrer tantôt sauvage, tantôt enjouée ou espiègle. On pressent chez elle une réserve corsetant une vraie fougue. Une certaine sensualité émane aussi de ce petit bout de femme dont les rugissements contenus affleurent le jeu de scène. Hélas, cette demi-timidité provoque des interventions parlées maladroites et un tantinet vulgaires loin de l’image qu’on se fait d’elle. Manque évident de confiance en soi. Crois en toi Lisa car le public, lui, te suivra ! Cette soirée improvisée était pleine de promesses…

A vous de juger :

Lisa Portelli "Les chiens dorment"

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05 novembre 2012

Barcelone clés en main

Destination vacances par excellence et bouillonnante capitale catalane, Barcelone sait piquer la curiosité d’un large public par l’éventail des charmes qu’elle renferme. Si vous décidez d’aller la visiter, mon premier conseil est de rester là-bas au moins une semaine. Ne vous contentez surtout pas d’un simple week-end. Cette ville fourmille de trésors cachés qu’un passage express ne vous permettra pas de débusquer. J’ai rassemblé ici mes meilleurs souvenirs estivaux pour vous offrir cinq clés. Ces  quelques sésames en poche, les portes de cette ville mythique s’ouvriront d’elles-mêmes !

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- Boire un jus de fruits à la Boqueria. Si elle demeure un haut lieu du tourisme barcelonais et si les visiteurs en goguette y sont bien plus nombreux que les autochtones, il ne faut pas pour autant fuir la Boqueria. Ce marché d’alimentation, parmi les plus grands d’Europe, vous séduira par son effervescence et le nombre des délices dont il regorge. Fouler l’asphalte jusqu’à lui dès le premier jour est un bon moyen de s’immerger illico dans l’ambiance de la cité. Véritable corne d’abondance, il est difficile de fixer son attention quelque part tant les tentations sont nombreuses : fruits, légumes, confiseries, fromage, fruits de mer, poisson, jamón… Odeurs et couleurs composent une palette d’une rare intensité. Gargouillis et autres grognements d’envie surgiront brusquement de votre estomac en émoi ! Si le prix des charcuteries vous fera bondir, je vous conseille néanmoins de vous laisser tenter par un jus de fruits frais : fraise-mangue, banane-passion, orange-kiwi… Elaboré à base de fruits pressés sur place, il emportera instantanément vos papilles au pays des régals. Jamais fruits et paradis n’auront formé un cocktail de rimes aussi parfait ! Les autres mercats de Barcelone, comme le marché Saint-Catherine ou le marché Saint-Antoine (actuellement en travaux), sont également à parcourir car plus propices aux « vraies » emplettes. L’ambiance y est plus calme et les prix plus doux.

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- Partir à la rencontre de Gaudí. Rares sont les villes si profondément marquées du sceau d’un artiste. Architecte génial, Gaudí a su insuffler sa folie créatrice à l’ensemble de la cité. La basilique de la Sagrada Família est évidement un passage obligé, mais ne vous contentez surtout pas de l’observer depuis l’extérieur. Son antre est un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte ! Les rayons du soleil, filtrés à travers les vitraux colorés, jouent à cache-cache avec la structure en dentelle de pierre et créent un décor éphémère en fonction de leur position et de leur intensité. La visite se poursuit par l’ascension des flèches. Là encore, il serait dommage de se laisser décourager par l’affluence tant le panorama qu’elles offrent sur la ville est saisissant. Gaudí est également l’extravagant créateur du Parc Güell. Malgré la masse de touristes qui s’amoncellent autour de la célèbre fontaine salamandre, une balade dans cet étonnant jardin de 20 hectares vaut le détour. Vous pourrez ainsi admirer un décor digne d’Alice au pays des merveilles — mosaïques chatoyantes, colonnades imposantes, toitures en crème chantilly amusantes, etc. — puis grimper tout en haut et contempler un nouveau point de vue sur la ville. Cette plongée dans l’univers drolatique de Gaudí se prolonge par la visite d’une des maisons du Passage de Gràcia. La casa Batlló vous épatera par l’abondance de ses couleurs et le luxe des détails bizarroïdes qui foisonnent sous son toit d’écaille. 

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- Flâner et se perdre dans le vieux Barcelone. Forte d’un héritage de plus de deux milles ans, la belle catalane est riche d’influences romaines, gothiques et modernistes à découvrir au gré de vos divagations dans les quartiers El Raval, le Barri Gótic, la Ribera, El Born… L’art est omniprésent et marque de son empreinte les différentes époques. Vagabonder au hasard des rues salées de la ciudad, c’est se laisser la chance de rencontres et de découvertes impromptues. Une cour carrée cache une fontaine désaltérante ou une façade étonnante. Au détour d’une rue, l’une des nombreuses œuvres d’art parsemées dans la ville se dresse. De surprise en surprise, vos chaussures traceront leur chemin et ne compteront plus le nombre de vos pas. Barcelone n’est pas une vitrine, son pouls créatif bat toujours et offre de superbes œuvres de street art. Héritiers urbains de Miró, Picasso, Dalí… les graffeurs redoublent d’audace et continuent de modifier la plastique de la ville. Mimes, jongleurs et musiciens baguenaudent eux aussi dans les ruelles étroites pour présenter leurs numéros ou titiller leurs instruments. Au son de la guitare, l’ambiance charnelle captée par Woody Allen dans Vicky Cristina Barcelona s’immisce dans la cité et tisse une intimité pénétrante entre elle et ses hôtes.  

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- Profiter de la douceur du soir. A Barcelone, il faut tout de suite abandonner ses habitudes et se mettre dare-dare à l’heure espagnole. On se lève tard, on déjeune en conséquence, on fait un brin de sieste, on attaque les visites au creux de l’après-midi puis on profite de la tiédeur de la fin de journée pour se détendre avant d’aller dîner. Cette relative baisse des températures permet de jouir des plaisirs de la mer sans pour autant griller comme un petit pain. De Barceloneta, l’ancien quartier de pécheurs, aux zones résidentielles érigées pour les JO de 1992, de belles plages déroulent leurs charmes sur plusieurs kilomètres. L’été, vers 18 h, l’atmosphère se fait ici moins étouffante, les enfants regagnent leurs pénates, la plage devient plus apéritive et offre encore la possibilité d’un bain rafraîchissant. Revenir dans le centre-ville à pied en longeant le front de mer est une charmante idée de promenade. Buller à l’ombre est également une activité praticable dans les nombreux parcs et jardins dont dispose la ville. Le Parc Güell, dont nous avons déjà parlé, mais aussi le Parc de la Ciudad ou le quartier perché de Monjuïc sont de vrais petits coins d’Eden ! Le premier renferme une cascade monumentale conçue par Gaudí lorsqu’il était étudiant, d’agréables allées plantées ou encore un bassin pour faire du canotage. La colline de Montjuïc offre des jardins luxuriants et une vue imprenable sur Barcelone. Si vous gravissez cette butte, profitez-en aussi pour admirer les impressionnantes installations Olympiques et visiter quelques musées comme la superbe Fondation Joan Miró. Après s’être baigné ou mis au vert, sachez que Barcelone est un vivier de zincs d’excellente facture. Les cocktails et les vins y sont bon marché et gouleyants.

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- Goûter le Pérou au restaurant le Q Bar. Aussi étonnant soit-il, ce n’est ni un restaurant espagnol ni un bar à tapas que je vous recommande en priorité mais un restaurant péruvien. Cette communauté fait drôlement bien jongler les assiettes et jubiler les papilles gourmettes ! Dans un décor baroque des plus barrés, vous vous régalerez d’une délicieuse sangria, de tapas extras et de merveilleux petits plats. Mention spéciale pour les calamars frits, le cœur de veau épicé et les couteaux aux herbes. Au rayon des restos de haute volée, ne loupez pas non plus le classieux Ohla gastrobar. Dans un cadre aux lignes épurées, la cuisine ouverte permet d’observer les cuistots en pleine action. Je ne saurais trop vous conseiller les moules en escabèche ou le coulant de gianduja et son toffee aux fruits de la passion. Deux plats à tomber à la renverse ! Sachez que les établissements dignes de ce nom — c’est-à-dire non-exclusivement réservés aux touristes — ne vous accueilleront pas à 19 h ou 19 h 30. Il n’est pas rare d’observer les Barcelonais s’attablant au-delà de 23 h. Enfin, ne prenez pas tous vos repas au restaurant. Il serait dommage de ne pas tenter de cuisiner les beaux poissons et coquillages du marché Saint-Antoine.

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Pétillante, audacieuse, électrique et gourmande, vous l’aurez compris, Barcelone vaut le détour ! Alors si l’envie de mettre vos pas dans ceux du jeune Romain Duris vous démange depuis dix ans, n’hésitez plus, foncez ! Les portes de l’auberge espagnole vous sont désormais grandes ouvertes. Et ne me remerciez pas pour ce trousseau de bons conseils, votre indéfectible allégeance me suffira !

Posté par Plume tonka à 19:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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